La société Moroccan Military Industry (MMI), filiale du groupe israélien Elbit Systems, doit livrer ses premières tourelles pour véhicules blindés aux forces armées marocaines à partir de mars 2027, a déclaré son directeur général Kaduri Naor à Reuters, en marge du salon aéronautique de Marrakech, qui se tient du 7 au 10 octobre.
Cette production s’inscrit dans les efforts du Maroc pour développer une industrie de défense locale en partenariat avec des entreprises étrangères. Rabat et Tel Aviv ont renoué leurs relations diplomatiques en 2020 avant de signer, en 2021, un accord de coopération militaire, couvrant notamment la défense aérienne, l’artillerie, les drones et la production d’armement.
Des tourelles pour les véhicules 8×8
MMI exploite déjà une usine de systèmes d’armes dans la zone industrielle de Midparc, près de Casablanca. Une seconde installation est en cours de création à Sidi Yahya, au nord de Rabat, pour produire des munitions de moyen et gros calibre.
Selon Kaduri Naor, l’entreprise a conclu un accord avec l’administration marocaine chargée de la défense pour produire des tourelles pour équiper des véhicules blindés 8×8 assemblés au Maroc par le groupe indien Tata Advanced Systems.
La production comprendra aussi les munitions associées à ces systèmes. MMI développe parallèlement une version de la tourelle dédiée à la lutte contre les drones, un marché en expansion alors que les forces armées cherchent des moyens de défense moins coûteux face à la multiplication des systèmes aériens sans pilote.
Une capacité anti-drones en développement
La version anti-drones développée par MMI doit utiliser des munitions produites au Maroc et équipées d’un petit radar capable de détecter l’arrivée d’un drone et de déclencher l’explosion de la munition.
D’après le dirigeant de MMI, la munition dispersera des fragments de tungstène afin de neutraliser la cible. L’entreprise présente cette solution comme une réponse au déséquilibre de coût entre certains drones et les systèmes utilisés pour les intercepter.
MMI prévoit également de développer un système de mortier automoteur pouvant être installé sur des véhicules, selon Kaduri Naor.
Le Maroc comme plateforme d’exportation
Au-delà des besoins des forces armées marocaines, MMI entend utiliser ses capacités de production au Maroc pour accéder à des marchés étrangers. Le directeur général a affirmé que l’entreprise avait déjà identifié un client dans un pays européen membre de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (Otan), sans en révéler l’identité.
L’entreprise compte ainsi faire du Maroc une plateforme d’exportation de ses équipements de défense vers des marchés internationaux.
Kaduri Naor a par ailleurs précisé que 99 % des effectifs de MMI, ingénieurs compris, étaient marocains, soulignant la dimension locale du développement industriel de l’entreprise.