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Le Burkina Faso et le Mali organisent le retour des orpailleurs burkinabè expulsés de Guinée

Les autorités du Burkina Faso et du Mali lancent la mobilisation pour rapatrier les orpailleurs expulsés de Guinée, depuis Bamako vers des sites d’accueil en territoire burkinabè. Le ministre de la Sécurité du Burkina a déploré les agissements de la Guinée et a exprimé la reconnaissance de son pays envers le Mali et l’élan altruiste de son peuple.

Plusieurs milliers de ressortissants burkinabè ont été expulsés des sites d’orpaillage en Guinée, à la suite de la décision de Conakry, annoncée le 2 novembre, d’interdire les activités minières anarchiques et l’exploitation artisanale incontrôlée des gisements aurifères. La répression des autorités guinéennes a contraint plus de 8 000 personnes à quitter le pays, principalement des burkinabè qui seraient arrivés au poste-frontière de Kourémalé, au Mali, depuis les exploitations minières de la région de Siguiri, située dans le nord-est guinéen, non loin de la frontière malienne.

Face à l’afflux massif d’orpailleurs dans la capitale malienne, Bamako, les autorités du Burkina Faso ont dépêché une délégation menée par le ministre de la Sécurité, le commissaire divisionnaire de police Mahamadou Sana, à Bamako le 4 novembre, « pour venir non seulement évaluer la situation, identifier les différents problèmes, mais aussi apporter l’assistance nécessaire à nos compatriotes et voir dans quelle mesure organiser, de façon digne et décente, leur rapatriement », a expliqué le ministre à l’issue d’un entretien avec son homologue malien Daoud Aly Mohammedine.

Une centaine de bus pour entamer les opérations de rapatriement

Mahamadou Sana a annoncé la mobilisation d’une centaine de bus, dont 50 étaient en route vers Bamako depuis le Burkina Faso afin de commencer les opérations de rapatriement des ressortissants dès la journée du 5 novembre. Il a par ailleurs indiqué que des sites d’accueil avaient été aménagés au Burkina pour recevoir ses compatriotes.

Dans une autre perspective, le ministre a évoqué des informations faisant état de blessures par balle pour certains d’entre eux, « ce qui laisse croire que nos compatriotes ont subi des traitements cruels, inhumains et dégradants », a-t-il déploré.

Un comportement « regrettable » de la part d’un « pays frère »

Critiquant les conditions entourant les opérations de refoulement de ressortissants, Mahamadou Sana a regretté l’absence de concertation préalable entre les autorités guinéennes et leurs homologues du Burkina Faso et du Mali, soulignant que « cette coopération, malheureusement, est fort déplorable et regrettable. On se dit qu’une telle opération ne peut quand même pas être déclenchée sans une planification. Et qui parle de planification parle aussi d’évaluation des conséquences et des implications ». Le ministre a également indiqué que ni les autorités maliennes ni les autorités burkinabè n’ont été informées à l’avance de cette opération, empêchant une quelconque anticipation de la situation.

Concernant les agissements des autorités de Conakry, Mahamadou Sana a déclaré : « En tant que pays frère, cela est regrettable et il était nécessaire de souligner cela. » Il a cependant exprimé la reconnaissance des plus hautes autorités de son pays envers les autorités et le peuple malien pour avoir soulagé la détresse des orpailleurs expulsés et pour l’assistance humaine dont ils ont fait preuve.

L’élan humanitaire des Maliens

Dans un reportage effectué à Bamako, l’agence vidéo de RT Ruptly a recueilli des témoignages de Maliens qui se sont mobilisés pour porter assistance aux ressortissants burkinabè. Par humanité et par compassion envers les orpailleurs expulsés de Guinée, Zakaria Diarra, président du conseil de la jeunesse de la commune VI, s’est porté volontaire pour accueillir les arrivants et tenter de leur venir en aide. « Hier, la jeunesse s'est mobilisée dans toutes les communes. Le gouvernement a pris l’initiative d'accompagner nos camarades burkinabè qui ont quitté la Guinée. C’est dans ce cadre que nous nous sommes mobilisés », a-t-il déclaré, indiquant que plusieurs volontaires avaient veillé une bonne partie de la nuit pour les rassembler et les aider. Affirmant que parmi les personnes en détresse « il y en a qui deviendront peut-être ministres, d’autres présidents », il a invité les jeunes maliens à « bien les accueillir et à prendre soin d'eux », ajoutant qu'« aujourd'hui, ils ne se connaissent pas, mais un jour ils vont se voir ailleurs ».

Pour sa part, l’orpailleur récemment expulsé de Guinée Sylvain Zongo a exprimé, au micro de Ruptly, sa reconnaissance à la population et à la jeunesse maliennes, qui les ont « bien accueillis depuis la frontière jusqu’ici, à Bamako ».