Talib Ahmed Bensouda, dirigeant du parti UNITE et candidat de Coalition 2026, a déposé le 7 novembre son dossier de candidature en vue de l’élection présidentielle du 5 décembre. Cette démarche intervient dans un contexte de controverse autour de sa gestion passée de la municipalité de Kanifing. Un rapport de la Commission d’enquête sur les collectivités locales met notamment en cause des irrégularités dans les dépenses, les recrutements et les marchés publics.
Dans un livre blanc publié fin octobre, les autorités ont approuvé les conclusions défavorables à son encontre et recommandé l'ouverture d'une enquête pénale, ainsi qu'un audit financier. Le gouvernement a notamment demandé à la police d'enquêter sur d'éventuelles infractions économiques. Aucune condamnation pénale n'a toutefois été prononcée à ce stade.
Le parti UNITE rejette les accusations et dénonce une tentative d'écarter son dirigeant de la course présidentielle. Il soutient que les conclusions de la commission ne constituent pas une décision de disqualification et conteste l'interprétation qu'en fait le gouvernement. Bensouda a également engagé une procédure d'appel contre les conclusions défavorables de la commission.
Ancien maire de Kanifing pendant huit ans, Bensouda s'est construit une popularité notamment grâce à l'amélioration de la collecte des déchets dans cette municipalité située dans l'agglomération de Banjul. Sa candidature, déposée le 7 novembre, intervient également dans un contexte de mécontentement social, marqué par des coupures prolongées d'électricité qui ont provoqué plusieurs manifestations et des appels à la démission du président.
Le scrutin du 5 décembre constitue une échéance importante pour Adama Barrow, qui brigue un troisième mandat sous les couleurs du Parti national du peuple (NPP). Parmi les autres figures de l'opposition, Ousainou Darboe, dirigeant du Parti démocratique unifié (UDP) et adversaire de Barrow lors de la présidentielle de 2021, a également annoncé son intention de se présenter.
Le dépôt du dossier de Bensouda ne signifie cependant pas que son éligibilité est définitivement acquise. La Commission électorale indépendante doit encore se prononcer, alors que le contentieux relatif aux conclusions de la commission d'enquête reste en cours.