La controverse autour des messages « antisémites » attribués au président du Rassemblement national par Mediapart continue de faire réagir, entre démentis catégoriques, menaces et appels à la prudence.
Mediapart a publié le 28 septembre des conversations privées de 2013 attribuées à Jordan Bardella, alors jeune militant du Front national, âgé de 17-18 ans. Parmi les propos rapportés : « Les banques sont toutes détenues par des Juifs » ou « Le juif doit dominé [sic] les autres peuples, les écraser et les voler ». Le site d’investigation affirme avoir authentifié ces documents issus de mails et de messageries après plusieurs mois d’enquête.
Fabrice Arfi, co-responsable des enquêtes, a promis mercredi sur franceinfo que « la suite de nos révélations arrive » et que le journal est « sûr à 200 % ». Sur les réseaux sociaux, des internautes se sont amusés de la situation puisque le journal d’investigation de gauche a souvent recours à ce mode de fonctionnement en sortant une première information avant de produire d’autres éléments à charge.
Jordan Bardella conteste formellement, parlant de « faux grossiers » et des « prémices d’une guerre totale » visant à le « tuer politiquement ». Il a annoncé le dépôt de plaintes en diffamation et pour faux et usage de faux. Marine Le Pen a réitéré sa « confiance absolue » et conseillé à Mediapart « d’enfiler son costard en Kevlar ». La candidate à l’élection présidentielle a par ailleurs dénoncé : « un média militant, d’extrême gauche assumé, un soutien, hier, des terroristes islamistes ».
Du côté du RN, Sébastien Chenu a martelé : « Ou Mediapart manipule l’opinion publique, ou Mediapart se fait enfumer ».
Un ministre israélien, Amichaï Chikli, a apporté son soutien sur X, saluant en Bardella « l’une des voix les plus claires en Europe contre le Hamas ».
À gauche comme à droite, les réactions se poursuivent : Yaël Braun-Pivet a estimé que « si ces faits sont avérés, c’est extrêmement grave », tandis que des alliés du RN appellent le journal à publier ses preuves.