Le Parquet national financier (PNF) a confirmé, le 13 octobre, avoir mené une vaste opération dans le secteur de la maintenance des centrales nucléaires. « Plusieurs entreprises » ont été perquisitionnées dans le cadre d’investigations portant sur des soupçons de corruption en bande organisée et d’entente anticoncurrentielle « au détriment d’EDF ». Des domiciles de salariés et d’agents du groupe ont également été perquisitionnés.
Des marchés stratégiques sous surveillance
Les enquêteurs s’intéressent aux conditions d’accès aux marchés de maintenance des 57 réacteurs d’EDF. Selon le PNF, les investigations portent également sur une éventuelle coordination entre plusieurs acteurs du secteur. Les qualifications retenues incluent la corruption active et passive d’une personne chargée d’une mission de service public, en bande organisée, la participation à une pratique anticoncurrentielle, l’escroquerie en bande organisée et le blanchiment.
L’opération a mobilisé d’importants moyens : la section de recherches de Grenoble, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), l’unité nationale de police judiciaire de la gendarmerie, sept sections de recherches et cinq groupements départementaux. EDF a indiqué coopérer pleinement à l’enquête et « condamner fermement tout comportement ou agissement susceptible de constituer une violation de la législation ».
La maintenance représente un enjeu majeur : la Cour des comptes estimait à 6,4 milliards d’euros les dépenses d’EDF en 2025 pour l’entretien de son parc, notamment dans le cadre du prolongement de la durée de vie des centrales. En 2023, l’Autorité de la concurrence avait déjà sanctionné six entreprises pour des pratiques d’entente sur des sites nucléaires, dans un dossier distinct.