France

Gérard Larcher fustige la «faiblesse» de l’État français face aux émeutes

Deuxième personnage de l’État, le président du Sénat accuse le gouvernement français d’avoir failli dans sa gestion des émeutes du 17 octobre. Il réclame des actes concrets plutôt que des constats.

Après les scènes de chaos qui ont marqué la fin de semaine, Gérard Larcher monte au créneau. Dans un entretien au Figaro, le président LR de la Haute Assemblée, deuxième personnage de l’État, dresse un bilan sans concession de la gestion des émeutes et pointe les renoncements accumulés depuis des années.

« Nous avons vécu le chaos »

Le 18 octobre, Gérard Larcher avait déjà réagi sur X : « Le chaos. Nous avons vécu le chaos. Des scènes d’une rare violence. […] Les constats et les incantations ne suffisent plus. Les Français demandent des réponses sur les défaillances qui ont conduit à ce désastre et des actes enfin pour y remédier ! »

Dans son entretien au Figaro, le président du Sénat enfonce le clou : « La France a été prise en flagrant délit de faiblesse. » Il évoque la « sidération », la « colère » et la « honte » face aux attaques contre les mairies, les préfectures, les commerces, les forces de l’ordre et les pompiers.

Pour le sénateur des Yvelines, « notre politique sécuritaire a été mise en échec » et les forces de l’ordre, auxquelles il rend hommage, ont été « dépassées ». Le 19 octobre, il s’est rendu à Sailly, dans les Yvelines, avec la porte-parole du gouvernement, « en soutien aux élus locaux ». Il a affirmé à cette occasion que « c’est la République tout entière qui est attaquée ».

Il refuse de demander la démission de Laurent Nuñez, mais exige du ministre de la Justice « la vérité » sur le nombre exact de condamnations et de placements en détention.

« Le sentiment d’impunité est trop grand », souligne-t-il. Gérard Larcher élargit son diagnostic aux « renoncements » du quinquennat Macron : échec de l’intégration, politique migratoire, faillite de l’autorité et de l’école. Il dénonce la « collusion de l’ultragauche et des pillards » et accuse LFI d’alimenter un « discours de haine ».

Quant aux réponses immédiates, le président du Sénat se dit favorable à la privation d’aides sociales pour les casseurs, soutient la loi « casseurs-payeurs » et estime que « la question de l’état d’urgence mérite d’être posée ». Il appelle également à réfléchir au maintien de la journée de mobilisation du 5 novembre.

Enfin, il regrette le départ d’Emmanuel Macron pour le Golfe : « Le chef de l’État doit être présent lorsque les difficultés du pays sont au niveau que nous connaissons. »