L’audience s’est ouverte dans un climat électrique au tribunal correctionnel de Paris. Rima Hassan, poursuivie pour un tweet publié en mars et citant l’un des auteurs de l’attentat de 1972 à l’aéroport de Tel Aviv, a choisi de garder le silence après une brève déclaration, tandis que les incidents se multipliaient dans la salle.
Vêtue d’un pull rouge et d’un keffieh, l’eurodéputée a déclaré à la barre : « Je suis ciblée par une tentative d’intimidation et de mise sous silence d’une élue de l’opposition. » Elle s’est présentée comme « l’élue la plus poursuivie de l’histoire de la Ve République en raison de ses opinions politiques », avant d’exercer son droit au silence.
Le message incriminé, supprimé depuis, reprenait les propos de Kozo Okamoto : « J’ai consacré ma jeunesse à la cause palestinienne. Tant qu’il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir. » En marge du procès, un individu a proféré des menaces à l’encontre de l’élue insoumise.
Les tensions sont rapidement montées. L’avocat de Rima Hassan, Me Vincent Brengarth, a quitté la salle après que Me Galina Elbaz, avocate de la Licra, a évoqué des « tropes antisémites » dans sa plaidoirie. Plus tôt, un autre avocat d’une partie civile lui avait reproché d’avoir suggéré une « double allégeance ».
« On m’insulte ! On me menace ! », s’était insurgé Me Brengarth, affirmant avoir été traité de « salopard ». Plusieurs suspensions d’audience ont été nécessaires.
La défense a dénoncé le caractère politique de la procédure, engagée après un signalement du ministre de l’Intérieur, et soulevé des exceptions de nullité concernant la garde à vue et le « déferlement » de parties civiles.
Des témoins, dont l’ancien journaliste Alain Gresh, ont contesté la qualification de « terrorisme » pour l’attentat de 1972. Du côté des parties civiles, Yves Klejman, fils d’une victime blessée, a joué sur la corde de l’émotion : le tweet l’aurait « blessé ». Il a exprimé sa volonté de « rendre justice à Maman ».
Les plaidoiries sont prévues le 20 octobre. Rima Hassan encourt jusqu’à sept ans de prison et 100 000 euros d’amende.