France

Gouvernement-LFI : les tensions s’exacerbent, Retailleau et Larcher évoquent l’interdiction du parti

Après les émeutes du 17 octobre, Gérard Larcher estime que la question de l’interdiction de LFI «peut être posée». Bruno Retailleau avait déjà accusé le mouvement d’«organiser l’insurrection». De son côté, Jean-Luc Mélenchon promet de «pourrir» la réunion prévue à Matignon.

Les relations entre l’exécutif et La France insoumise (LFI) se tendent un peu plus chaque jour, tandis que des figures de la droite relancent ouvertement l’hypothèse d’une interdiction du mouvement de Jean-Luc Mélenchon.

Dans un entretien au Figaro, le président du Sénat, Gérard Larcher, a estimé que la question de l’interdiction de LFI « peut être posée ». « Nous avons pu dissoudre Génération identitaire et La Jeune Garde. LFI est un parti politique qui concourt à l’expression de la nation. Je l’entends. Mais il tient une grande part de responsabilité dans le discours de haine », a-t-il déclaré.

Il accuse le mouvement de « créer une situation de tension extrême » en « voulant tout conflictualiser » et met en garde contre « ceux qui cherchent l’insurrection », évoquant notamment les propos du maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, sur une violence parfois « légitime ».

Ces déclarations font écho à celles de Bruno Retailleau, président des Républicains (LR), favorable à l’instauration d’un cordon sanitaire autour de LFI. Dès le 1er octobre, sur BFMTV-RMC, il avait qualifié le mouvement de « parti séditieux », « fasciné par la violence » et cherchant à « organiser l’insurrection ». « Je sais que c’est très difficile en droit, mais on ne peut plus faire comme si de rien n’était », avait-il insisté.

À droite, l’ancien cadre du Front national Pascal Gannat met toutefois en garde contre une éventuelle interdiction : « Il faut espérer que le RN et MLP ne vont pas entrer dans ce piège ; LFI est détestable, mais légal, et le dissoudre et accepter sa dissolution serait permettre par symétrie évidente d'en faire de même contre le FN. Larcher entre là dans la logique du plan macroniste : imposer l'extrême centre par la force. » 

Face à ces attaques, le Premier ministre Sébastien Lecornu a tenu à marquer sa différence. Lors des questions au gouvernement, il a déclaré à Mathilde Panot : « Je ne cherche pas à vous interdire. [...] Je veux vous combattre politiquement dans les urnes. »

Pendant ce temps, Jean-Luc Mélenchon a accepté l’invitation à la réunion des partis politiques prévue le 22 octobre à Matignon, mais sur un ton offensif : « On va y aller, on va te pourrir la réunion », a-t-il lancé, ironisant sur la lettre d’invitation de Lecornu et refusant de discuter des risques liés à l’élection présidentielle.

Cette passe d’armes verbale entre le gouvernement et La France insoumise intervient à quelques jours d’une nouvelle manifestation, annoncée pour le 24 octobre, dans un climat de fortes tensions politiques et sociales.