« Il y a eu énormément de tensions, énormément de violence, et la journée n’est pas terminée», a déclaré le 31 octobre le ministre français de l’Intérieur Laurent Nuñez, peu avant 20 heures. Plus tard dans la soirée, le premier policier de France a fustigé la « violence inouïe » et les « actes violents très graves que tous doivent condamner », perpétrés par plusieurs centaines de « casseurs, de pilleurs » animées par la « mouvance d’ultragauche et d’extrême gauche radicale » qui selon lui sont présents dans « chaque cortège », à Paris, Marseille, Bordeaux, Nantes, mais également Angers, Tours et Rennes.
« L’engagement de ces casseurs, de ces pilleurs, de ces militants radicaux a été sans limite », a insisté l'ancien préfet de police et patron de la DGSI, évoquant des « jets de pavés », de « tirs de mortiers » ainsi que le lancer d’un cocktail Molotov sur un cordon de gendarmerie, qu'il assimile à « une tentative de meurtre ». Une terminologie également employée par l’ancien ministre de l’Intérieur et candidat Les Républicains à la présidentielle, Bruno Retailleau.
Des scènes de violences ont également été rapportées à Grenoble, Lille, Lyon, Tours, ainsi qu'à Marseille où à l'instar de la capitale des couvre-feux ont été instaurés dans plusieurs quartiers. Dans la cité phocéenne, une intrusion dans une école maternelle de La Plaine, secteur en proie à des violences dans la soirée, a été rapporté. Un magasin Foot Locker aurait également été la cible d’un pillage, dans le 1er arrondissement de la ville, a rapporté Le Figaro. Sur X, le maire de la ville, le socialiste Benoît Payan, a fustigé des « individus » qui « profitent de ces manifestations pour semer le trouble dans plusieurs quartiers » de la ville.
Également dans la soirée, la place Beauvau a évoqué 565 interpellations et la préfecture de police (PP) de Paris a fait état de cinq membres des forces de l’ordre blessés, dont trois par des jets de cocktails Molotov.
Niveau chiffres, concernant la mobilisation, le ministère français de l’Intérieur a évoqué quelque 320 000 manifestants à travers la France, dont 70 000 dans la capitale. De son côté, l’intersyndicale a avancé que près de 500 000 personnes avaient battu le pavé lors de ce troisième samedi d’affilé de mobilisation nationale contre la vie chère, dont 200 000 rien qu'à Paris. À titre de comparaison, le 24 octobre, 410 000 manifestants avaient été dénombrés par les autorités, et 800 000 par les syndicats.
Enfin, la semaine précédente, ils étaient 550 000 à défiler selon les autorités françaises et 800 000 selon les syndicats. Une première journée qui avait été entachée par des scènes de chaos et de pillages inouïes, qui par endroit s’étaient réitérées le lendemain, avec pas moins de 3 000 commerçants, hôtels et restaurants pillés et vandalisés à travers l’Hexagone.