L’économie tricolore marque le pas. Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), le produit intérieur brut (PIB) a diminué de 0,1 % entre juillet et septembre, après 0 % au deuxième trimestre et –0,2 % au premier.
L’acquis de croissance pour 2026 n’atteint que 0,2 %. Le ministre de l’Économie Roland Lescure a lui-même reconnu que « l’économie française est à l’arrêt ».
Investissement en berne, inflation qui rebondit
La demande intérieure hors stocks apporte encore un timide +0,1 point, portée par la consommation des ménages (+0,4 %). Mais l’investissement total recule de 0,6 % pour le troisième trimestre consécutif et le commerce extérieur pèse lourdement (–0,6 point), à cause d’une chute des exportations (–1,7 %), particulièrement dans l’aéronautique.
Parallèlement, l’inflation accélère à 3,4 % sur un an en octobre (après 3,1 % en septembre), au plus haut depuis début 2024.
Les prix de l’énergie flambent de 24,1 %, tirés par le gaz et les produits pétroliers. Le pouvoir d’achat en pâtit directement. La confiance des ménages est tombée à son plus bas niveau depuis plus de treize ans. Le contraste avec les voisins est saisissant.
La zone euro a progressé de 0,4 %, l’Allemagne de 0,2 % et l’Espagne de 0,6 %. L’économiste français Marc Touati alerte ainsi : « C’est un véritable Black Friday pour l’économie française. Depuis le début de l’année, le PIB français a chuté de 0,3 %. »
Moins de croissance signifie mécaniquement moins de recettes fiscales et un déficit public qui risque de dépasser les 5,4 % du PIB attendus, avec des conséquences sur les taux d’emprunt déjà élevés.
Les Français le ressentent dans leur quotidien : manifestations contre la vie chère, moral au plus bas et perspectives d’activité des entreprises « au plus bas niveau depuis six ans et demi » selon les enquêtes PMI.