Au cœur d’une fin de semaine marquée par des manifestations violentes, un autre match s’est joué avec l’exécutif. Dès le 29 octobre, à la demande du ministre français de l’Intérieur Laurent Nuñez, les préfets des Hauts-de-Seine et de Paris ont interdit le colloque « Remigration : ouvrons le débat », prévu le 31 octobre au Plessis-Robinson par l’association Polémia, ainsi que la manifestation du 1er novembre à Paris, portée par le collectif Objectif Remigration. Les arrêtés invoquaient des « risques de troubles à l’ordre public », notamment à la suite de l’attentat de Trappes.
Une décision contestée au nom des libertés publiques
Jean-Yves Le Gallou, ancien haut fonctionnaire et président de Polémia, a immédiatement dénoncé une « formidable atteinte à la liberté d’expression » et un « délire liberticide ». Un référé-liberté a été déposé en urgence devant le tribunal administratif. Il a été rejeté. Les organisateurs ont alors choisi de tenir le colloque en ligne, depuis les studios du média indépendant Radio Courtoisie, avec des interventions diffusées sur YouTube.
Plusieurs personnalités ont pu s’exprimer, même si le colloque n’a pas eu lieu sur place. Parmi les intervenants sollicités, Éric Zemmour, candidat à la présidentielle a revendiqué être le seul à proposer un ministère de la remigration.
Malgré l’arrêté préfectoral visant aussi les réunions du collectif, une rencontre s’est tenue dimanche dans un restaurant parisien du 15e arrondissement. Les participants, dûment filtrés, ont poursuivi les discussions sur le sujet.
Les organisateurs affirment que l’interdiction n’a pas empêché le débat d’avoir lieu.
Les initiateurs du colloque soulignent que la liberté de se réunir et de discuter d’idées politiques, même controversées, constitue un pilier démocratique, et qu’interdire un colloque dans un lieu privé au nom de l’ordre public ouvre une brèche préoccupante.
Le concept de « remigration », retour planifié de certaines populations vers leur pays d’origine, continue d’être débattu. Il ne fait cependant pas l’unanimité à droite. Le député Jean-Philippe Tanguy a ainsi fustigé celui-ci, se plaçant en plus-disant du macronisme et suggérant l’interdiction des organisations qui dénoncent la notion de « Grand remplacement ».
Les organisateurs se félicitent d’avoir pu se rassembler malgré tout. Jean-Yves Le Gallou résume ainsi : « Si l’on veut que les peuples historiques restent majoritaires sur la terre de leurs ancêtres et gardent la joie de vivre entre soi dans une société de confiance, il n’y a pas d’autre alternative que la remigration. »