France

France : manifestations et grèves, le 5 novembre sous haute tension

La colère sociale ne retombe pas en France. Le 5 novembre, syndicats, lycéens, étudiants et «gilets jaunes» se retrouvent dans la rue contre la vie chère et la politique du gouvernement. Plus de 220 actions sont attendues dans le pays. Face à la mobilisation, les autorités déploient 70 000 policiers et gendarmes, ainsi que des blindés.

Jeudi 5 novembre

Paris : fumigènes et jets de projectiles devant le lycée Hélène-Boucher

Devant le lycée Hélène-Boucher, dans le 20e arrondissement de Paris, les policiers ont fait usage de fumigènes le 5 novembre pour disperser un groupe de manifestants. Des projectiles ont été jetés en direction des forces de l’ordre. Les heurts ont éclaté lors de la mobilisation lycéenne, aux abords de l’établissement, où les jeunes s’étaient rassemblés dans la matinée.

Grève du 5 novembre : la tour Eiffel fermée, plusieurs musées également touchés

La tour Eiffel reste fermée aux visiteurs ce 5 novembre en raison de la grève nationale, annonce son site officiel. Le musée d’Orsay prévient de son côté que son ouverture peut être retardée ou partielle ; les billets réservés à partir de 16 h 30 seront remboursés. Le musée de la préfecture de police, à Paris, est également fermé.

Lyon : plus de 25 000 manifestants dans les rues, des black blocs ralentissent le cortège

Сe 5 novembre à Lyon, plus de 25 000 personnes défilent, selon les premières estimations rapportées par Le Monde. Le cortège rassemble des lycéens, des étudiants, des salariés, des retraités et des familles venus dénoncer la politique sociale du gouvernement et les inégalités. 

La progression du défilé est toutefois fortement ralentie sur le cours Gambetta. Un groupe autonome de manifestants masqués et organisés provoque des tensions sur le parcours.

Grève du 5 novembre : près de 16% des enseignants mobilisés, selon un nouveau bilan

La mobilisation touche largement l’Éducation nationale ce 5 novembre. Un nouveau bilan fait état de 16 % d’enseignants en gréve. Le ministère avait auparavant estimé à 17,54 % le taux de grévistes dans le premier degré public. Dans plusieurs départements, les syndicats annoncent une participation bien supérieure.

Le SNUipp-FSU évoque notamment 50 % de grévistes dans l’Oise et jusqu’à 75 % dans certains secteurs de Seine-Saint-Denis. À Paris, près de 80 écoles sont fermées. Les enseignants réclament des hausses de salaires, de meilleures conditions de travail et davantage de moyens pour les établissements scolaires.

Paris : encerclés par les CRS près du Panthéon, des manifestants chantent et dansent

« J’ai deux passions, la fanfare et la révolution ! » Près du Panthéon, à Paris, les manifestants ont entonné ce refrain en dansant, bien qu’ils soient retenus dans une nasse policière. Parmi les forces présentes figurait la CRS 8, une unité spécialisée dans le maintien de l’ordre, notamment lors des rassemblements à risque.

Le groupe s’est retrouvé bloqué à quelques rues du monument, sans pouvoir poursuivre sa marche. Les manifestants ont alors sorti leurs instruments et continué leur chanson sous les yeux des policiers. 

Près de Toulouse : tirs de mortiers, incendies et lycée fermé après de violents incidents

Au lycée Françoise, à Tournefeuille, près de Toulouse, des jeunes cagoulés ont mené une attaque le 5 novembre. La Dépêche du Midi rapporte qu'ils sont arrivés vers 8h15, puis sont revenus lancer des mortiers d'artifice. Plusieurs feux se sont déclarés sur place. Les pompiers ont dû intervenir.

La proviseure a fermé le lycée et demandé aux élèves de rentrer chez eux. Les enseignants ont eux aussi quitté les lieux. Ce n'est pas le premier épisode violent dans l'établissement : lors d'une précédente mobilisation, la proviseure avait été touchée par un projectile et hospitalisée.

70 000 policiers et gendarmes mobilisés : Laurent Nuñez promet des interpellations

Pas moins de 70 000 policiers et gendarmes ont été mobilisés en France le 5 novembre. Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, avait dévoilé ce dispositif mercredi, à la veille des manifestations. Plus de 220 actions étaient alors recensées dans le pays. Le ministère redoutait des cortèges non déclarés, des dégradations et la présence de groupes radicaux.

« On ne tolérera pas de débordements et il y aura des interpellations », avait averti Laurent Nuñez. Le ministre avait aussi évoqué la présence possible de « black blocs ». Le déploiement policier survient après plusieurs semaines de manifestations et de tensions, notamment dans les lycées, où les forces de l’ordre sont intervenues à plusieurs reprises.

Paris : 200 lycéens dressent des barricades avant l’intervention des CRS

Près de 200 lycéens ont bloqué la circulation rue de Rivoli, dans le centre de Paris, le 5 novembre. Peu avant 9h45, ils ont installé deux barricades avec des poubelles et des vélos, à proximité de l’église Saint-Paul. Les manifestants venaient de quatre lycées parisiens, Sophie Germain, Charlemagne, Victor Hugo et Simone Weil, où les CRS avaient levé les blocages plus tôt dans la matinée.

Les jeunes ont voulu poursuivre leur mobilisation malgré la réouverture des établissements. Vers 10h, les CRS sont intervenus pour disperser le rassemblement. Une élève de seconde a expliqué au Monde que les manifestants entendaient faire entendre leurs revendications et obtenir autre chose que de simples promesses.

Mobilisation lycéenne : 81 établissements bloqués en France, selon Matignon

Le mouvement de contestation touche 81 lycées français ce 5 novembre, soit 2,2 % des établissements du pays, selon Matignon. Le chiffre est en hausse par rapport aux 48 lycées bloqués recensés mardi 3 novembre et aux 40 établissements signalés lundi 2 novembre par le ministère de l’Éducation nationale.

Les organisations lycéennes avancent, par contre, des bilans bien supérieurs. Mardi, l’Union syndicale lycéenne revendiquait 1 000 établissements bloqués à travers la France. Les mobilisations se poursuivent aujourd’hui dans le cadre de la journée nationale de grève et de manifestations.

Paris : premières échauffourées entre étudiants et policiers devant une université

Les premiers heurts ont eu lieu le matin du 5 novembre devant une université parisienne. Des étudiants en bloquaient l’accès. La police est intervenue pour les repousser sur le trottoir, ce qui a provoqué des affrontements. Ces incidents ont éclaté avant les grands cortèges prévus dans la journée.

La mobilisation s'annonce massive aujourd'hui, avec jusqu’à 700 000 manifestants attendus dans toute la France. Les services de renseignement ont mis en garde contre des risques de violences et de dégradations. À Paris comme dans d’autres villes, les forces de l’ordre sont présentes en nombre.

France : les syndicats lancent une journée de grève nationale contre la vie chère

Une nouvelle journée de grève et de manifestations se tient ce 5 novembre dans toute la France. Les principales organisations syndicales, dont la CGT, la CFDT, FO, la FSU et l’UNSA, appellent les salariés des secteurs public et privé à cesser le travail. Elles réclament des augmentations de salaires et de pensions, davantage de moyens pour les services publics et une autre politique budgétaire.

Le mouvement s’inscrit dans la contestation sociale qui secoue le pays depuis plusieurs semaines. Lycéens, étudiants et « gilets jaunes » ont également appelé à rejoindre les cortèges. Mardi 3 novembre, la CGT recensait déjà 244 manifestations prévues sur le territoire français.