France

Présidentielle 2027 : Macron mise sur une large coalition de Glucksmann à Lisnard

À moins de six mois du scrutin, Emmanuel Macron estime que seule une coalition allant de Raphaël Glucksmann à David Lisnard peut empêcher un second tour Le Pen-Mélenchon. Il privilégie un projet commun plutôt qu’une primaire.

Face à la progression de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages et au recul d’Édouard Philippe, le chef de l’État redoute que le camp central soit éliminé dès le premier tour. Dans des confidences rapportées par Le Monde, il préconise désormais une vaste coalition de l’espace central pour déjouer le scénario d’un second tour Le Pen/ Mélenchon.

Un rassemblement de la social-démocratie à la droite

Emmanuel Macron considère que la tripartition politique reste le cadre de 2027.

Contrairement à son ancien Premier ministre Édouard Philippe, qui mise sur un retour du clivage droite-gauche, le président sortant estime qu’un candidat unique issu d’un accord large : des sociaux-démocrates de Raphaël Glucksmann (Place publique, investi par le PS) jusqu’au maire de Cannes David Lisnard (ex-LR), est indispensable pour franchir le premier tour et, en cas de victoire, disposer d’une majorité à l’Assemblée.

L’initiative a été critiquée sur les réseaux sociaux, Antonin Ferreira Roche, conseiller municipal UDR de Liancourt a fustigé : « L’obsession anti-RN de Macron relève de la psychiatrie à ce stade ».

Selon Le Figaro, le chef de l’État préfère que les prétendants (Édouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Retailleau, Glucksmann, Lisnard…) travaillent d’abord ensemble sur un projet commun plutôt que de s’affronter dans une primaire, à laquelle il ne croit pas. Il assume seul le bilan des deux quinquennats et dispense les candidats de le défendre.

Les divergences restent profondes, notamment sur les retraites, l’immigration ou la fiscalité. Macron, qui se concentre officiellement sur les dossiers européens et internationaux, laisse entendre que l’échec éventuel du bloc central reposerait sur son incapacité à s’unir.

La suggestion peine néanmoins à convaincre, l’analyste politique François Cocq explique : « Macron ne peut pas s’en empêcher, voilà qu’il plaide officiellement pour une grande coalition […] pour un attelage brinquebalant qui est le cercueil de la souveraineté populaire fermé par les clous de la démocratie ».

Dans l’entourage présidentiel, on insiste sur l’urgence d’agir avant la fin de l’année pour éviter que les ambitions individuelles ne scellent définitivement le sort du centre. Plusieurs réunions informelles auraient déjà eu lieu entre les équipes de Glucksmann et de Lisnard, sans que l’on sache encore si Édouard Philippe, hostile à l’idée d’une primaire y prendra part.