Pour la quatrième fois en autant de samedis, des Français sont descendus dans la rue le 7 novembre pour protester contre la vie chère. À Paris, le cortège reliant les places de la République et de la Nation avait été autorisé, tandis qu’un rassemblement distinct des « gilets jaunes », prévu place de la Concorde, avait été interdit par la préfecture de police.
Paris : des rassemblements sous surveillance
Deux porte-parole des « gilets jaunes », Benjamin Ball et Azelma Sigaux, ont été interpellés près de la Concorde. La veille, David Libeskind, avocat du mouvement, avait dénoncé le parcours imposé par la préfecture : « On nous impose d’aller à une manifestation qui ne nous concerne pas », avait-il protesté. L'interdiction n'a pas empêché une centaine de personnes de rejoindre la Concorde. La police y était déployée.
Du gaz lacrymogène a été utilisé place de la Nation, où la police a chargé des manifestants à la fin du cortège. Seize stations du métro parisien ont fermé. Dans la matinée, 847 contrôles avaient eu lieu dans les gares de la capitale et des environs.
Gaz lacrymogènes et interpellations dans plusieurs villes
À Lyon, une mobilisation non déclarée a rassemblé 300 à 400 personnes près de la Manufacture des tabacs. La police l'a dispersée au gaz lacrymogène. La préfecture du Rhône a recensé 11 interpellations.
À Montpellier, des barricades ont été dressées. Les policiers ont chargé et utilisé du gaz lacrymogène. Des interpellations ont également eu lieu. Un camion lanceur d'eau était présent à Marseille. À Nantes, la préfecture a annoncé 25 interpellations. À Bordeaux, les autorités ont compté jusqu'à 9 100 manifestants.
250 000 manifestants selon les organisateurs
Les comptages divergent nettement. Pour les organisations lycéennes et étudiantes réunies dans l'intersyndicale de la jeunesse, 250 000 personnes ont défilé en France le 7 novembre. Le ministère de l'Intérieur en recense 146 000. À Paris, les chiffres vont de 46 000 selon la préfecture à 75 000 selon les organisateurs.
Le premier pointage du ministère, à 14h, faisait état de 18 interpellations et de plus de 15 600 contrôles préventifs. Pour la journée, Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur, avait déployé 70 000 policiers et gendarmes, avec des blindés et des engins lanceurs d'eau. Plusieurs centres-villes étaient soumis à des interdictions de manifester.
« Aujourd’hui, c’est une date qui permet de maintenir la pression », a déclaré Sabrine Kharbach, porte-parole de l’Union étudiante.