Le Brésil se dirige vers un deuxième tour décisif. Arrivé en tête du premier tour avec environ 47 % des voix, Flávio Bolsonaro devance le président sortant Luiz Inácio Lula da Silva, crédité d'environ 45 %. Aucun des deux candidats n'ayant franchi la barre des 50 %, ils s'affronteront le 25 octobre. Un résultat plus favorable à Bolsonaro que ne le prévoyait la plupart des sondages.
Au-delà du Brésil, ce scrutin revêt une importance continentale. Ces derniers mois, l'Amérique latine a connu un net déplacement vers la droite. Après l'Argentin Javier Milei, l'Équateur ou encore le Chili, la droite a également remporté en 2026 les élections en Colombie et au Pérou. Le Brésil, première puissance économique et démographique du continent, apparaît ainsi comme l'un des derniers grands bastions régionaux de la gauche avec le Mexique.
Un continent pro-Trump
À 80 ans, Lula tente donc moins de conserver le pouvoir que d'empêcher un nouveau basculement politique régional. Mais le premier tour a montré la solidité du courant bolsonariste. Le Parti libéral de Flávio Bolsonaro a fortement progressé au Congrès, tandis que plusieurs membres de sa famille ont remporté des sièges au Sénat. Malgré l'emprisonnement de Jair Bolsonaro, condamné pour avoir fomenté une tentative de coup d'État après sa défaite de 2022, son mouvement reste profondément étendu dans l'électorat brésilien.
Pour Lula, la campagne d'entre-deux-tours s'annonce donc difficile. Criminalité, coût de la vie et bilan économique dominent les préoccupations des électeurs. Le président sortant devra également convaincre un parti de cinq millions d'électeurs qui ont choisi Ronaldo Caiado ou Renan Santos, dont aucun n'a annoncé de soutien à l'un des deux finalistes.
Le 25 octobre, le Brésil choisira ainsi bien davantage qu'un président. Une victoire de Bolsonaro renforcerait le virage à droite du continent. Une réélection de Lula préserverait au contraire au cœur de l'Amérique du Sud, l'un des principaux pôles politiques de la gauche latino-américaine.