Le bilan matériel américain de la guerre contre l’Iran s’alourdit. Selon un rapport du Congressional Research Service (CRS) mis à jour le 5 octobre, au moins 81 avions, hélicoptères et drones ont été détruits ou endommagés depuis le lancement, le 28 février, de l’opération Epic Fury. Le document, fondé notamment sur les données du Pentagone, du Commandement central des États-Unis (CENTCOM) et de l’Inspection générale de la Défense, montre l’ampleur du coût imposé à Washington après plus de sept mois de conflit.
Parmi ces pertes figurent 45 drones MQ-9 Reaper, soit plus de la moitié du total recensé, mais aussi 12 chasseurs F-15E Strike Eagle, plusieurs avions ravitailleurs KC-135 et au moins un F-35A. Ces préjudices ne sont toutefois pas toutes directement imputables aux forces iraniennes : certains appareils ont été victimes d’accidents ou de tirs amis et plusieurs avions seulement endommagés ont depuis repris du service.
Le coût faramineux de la guerre pour Washington
La facture reste considérable. Le Congressional Budget Office estime entre 1,9 et 3,3 milliards de dollars la somme nécessaire pour remplacer les équipements perdus, tandis que le prix global des opérations américaines atteignait déjà 43,6 milliards de dollars début septembre. Ces chiffres fragilisent l’image d’une campagne militaire que Washington avait initialement présentée comme capable de neutraliser rapidement les capacités iraniennes.
Téhéran, malgré les lourdes frappes subies, a donc réussi à exploiter l’une de ses principales forces : imposer un prix élevé à un adversaire technologiquement supérieur grâce aux drones, aux missiles et aux attaques contre les bases régionales américaines. En septembre, une frappe iranienne contre la base de Muwaffaq Salti, en Jordanie, a notamment endommagé huit F-15E.
Le rapport montre en revanche qu’après plusieurs mois de guerre, Washington n’a pas obtenu une victoire à bon compte. Pour une armée fondée sur la supériorité aérienne, la perte ou l’endommagement de 81 appareils constitue désormais l’un des indicateurs les plus visibles de l’usure provoquée par le conflit.