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Italie : des manifestations contre la vie chère dégénèrent en violents affrontements à Milan

Dans plusieurs villes italiennes, la colère sociale grandit face à la hausse des prix et aux choix budgétaires du gouvernement Meloni. À Milan, les rassemblements du 17 octobre ont été marqués par des incendies et des heurts avec la police près du Duomo. Le bilan fait état de 25 blessés, tandis que des syndicats préparent une nouvelle mobilisation.

De violents affrontements ont éclaté le 17 octobre dans le centre de Milan, lors d'une manifestation contre la hausse du coût de la vie et la politique du gouvernement italien. Plus de 5 000 personnes ont participé au rassemblement, selon les estimations policières. Initialement pacifique, le cortège a été marqué par des violences lorsque des groupes de jeunes manifestants, dont certains masqués, ont lancé des pierres, des bouteilles et des pétards sur les forces de l'ordre.

Les heurts se sont concentrés autour de la place du Duomo et de la galerie Vittorio Emanuele II. Plusieurs commerces ont été vandalisés, du mobilier urbain endommagé et des toilettes mobiles incendiées près de la cathédrale. La police a déployé des gaz lacrymogènes et des canons à eau pour disperser les groupes impliqués dans les affrontements. Des stations de métro ont été fermées, tandis que touristes et passants quittaient le secteur.

Au total, 25 personnes ont été blessées, dont dix membres des forces de l'ordre. Aucun blessé n'a été signalé dans un état critique. Les bilans disponibles font état de 50 à 60 interpellations à Milan, dont de nombreux mineurs.

La contestation a également été marquée par des affrontements avec la police à Turin et à Bologne, où douze et sept personnes ont respectivement été interpellées.

Pouvoir d'achat et dépenses militaires au cœur du mécontentement

Ces événements surviennent dans un contexte de mobilisation sociale contre les orientations du gouvernement de Giorgia Meloni. Dès le 16 octobre, des manifestations ont été organisées à Rome, Milan, Turin, Bologne et Naples, à l'appel de syndicats étudiants et de mouvements de jeunesse de gauche. Les premiers rassemblements ont été baptisés « Journée sans Meloni ».

Au-delà de la hausse des prix, les manifestants dénoncent le coût du carburant et la pression fiscale qui pèsent sur les revenus des ménages. Ils réclament des salaires plus élevés et davantage de moyens pour l'éducation, la santé et les services publics.

Les choix budgétaires du gouvernement sont également contestés. Certains participants dénoncent les coûts liés à la fameuse « économie de guerre » et réclament une réduction des dépenses militaires au profit des besoins sociaux. Ces revendications traduisent notamment les inquiétudes exprimées face au pouvoir d'achat et au financement des services publics.

Meloni condamne les violences, la mobilisation sociale se poursuit

La Première ministre Giorgia Meloni a condamné les affrontements et demandé à l'opposition de dénoncer les violences. « Manifester est un droit. Transformer nos villes en champs de bataille ne l'est pas », a-t-elle déclaré sur X le 17 octobre.

À Rome, une importante manifestation organisée par la Confédération générale italienne du travail (CGIL) a réuni étudiants, salariés et retraités autour de revendications économiques et sociales. Son secrétaire général, Maurizio Landini, a annoncé une grève générale pour le 20 novembre afin de réclamer une hausse des salaires, une meilleure protection sociale et davantage de financements pour les services publics.

Cette vague de protestations intervient parallèlement aux manifestations contre la vie chère en France, également marquées par des affrontements avec les forces de l'ordre. En Italie, les prochaines mobilisations sont déjà annoncées, avec un rassemblement prévu à Rome le 30 octobre, avant la grève générale du 20 novembre.