La France, tombe-t-elle en dystopie?

Le 17 octobre, des manifestations d’une violence inouïe ont submergé la France. Malgré des interventions, elles aussi violentes, de la police, l’ordre républicain a montré sa faillite. À qui profite le crime ? Pour Karine Bechet, derrière les accusations portées contre la Russie, ce sont bien les élites dirigeantes, qui en profitent directement.

Les premiers chiffres, que l’on trouve sans difficulté dans la presse française, font état de 550 000 manifestants, selon le ministère de l’Intérieur et 800 000 selon les organisateurs et les syndicats, 2 397 interpellations, 997 policiers et gendarmes blessés, dont sept graves. En revanche, trouver les données récapitulatives de manifestants blessés est beaucoup plus difficile.

Un homme est mort à Paris... « d’un arrêt cardiorespiratoire ». Ce qui ne veut pas dire grand-chose, puisque oui, en général le coeur s’arrête lorsque les gens meurent et donc la respiration aussi. On peut lire dans la presse : « un homme a eu la main arrachée à Saint-Étienne à cause d'un grenade (...) ; au moins cinq personnes blessées à Paris étaient en urgence absolue en fin de soirée. Dans la capitale, six étaient en urgence relative. À Lyon, ce sont dix personnes qui ont été blessées, 12 à Lille, cinq à Dijon et 15 à Rennes, selon les premiers bilans provisoires. »

Les images de la mairie de Limoges dans les flammes ont choqué. On parle de plus de 30 000 pilleurs, rien qu’à Marseille. Pillage et saccage sont devenues les deux mamelles ... du pouvoir.

Les Blacks blocs étaient les grands présents, non pas des manifestations, mais de la violence et de la délinquance. Organisés, entraînés, équipés, ils ont systématiquement attaqué les magasins des centres villes et également les bâtiments administratifs. Selon certains, on en comptait environ 5 000, venus de toute l’Europe. Ils sont la milice sans âme et sans conscience des Globalistes. On les retrouve donc à l’œuvre dans les pays européens, quand il s’agit de délégitimer un mouvement de contestation du pouvoir.

Quel est l’intérêt pour les manifestants de discréditer ainsi leur mouvement ? Aucun. En revanche, cela justifie la violence policière, les déclarations creuses des dirigeants. Au minimum.

Qui est responsable ? Comme nous l’avions écrit dans une précédente chronique : tout le monde, sauf les élites dirigeantes. Si la piste russe avait alors été évoquée, de manière marginale dans les médias, elle est désormais pointée du doigt. À qui cela profite-t-il ? À la Russie, évidemment.

BFM le titre ainsi : « La crise sociale française manipulée par la Russie ». La Russie n’est pas (encore) accusée d’organiser les manifestations, mais pour l’instant de médiatiser ce chaos et de soi-disant produire de fausses images de violence, comme si la réalité n’était pas suffisante.

C’est alors que le spectacle commence. Macron a fait une allocution creuse le 18 octobre au soir. Simplement pour dire, qu’il ne se sentait pas responsable de la situation dans le pays. Le ministre de l’Intérieur a présenté sa démission au Président, qui sans surprise, l’a immédiatement refusée. 

Et l’enchaînement liberticide est soi-disant légitime pour ces élites : désormais, les Préfets pourront interdire des manifestations - dixit Macron. Ainsi, les professionnels de la violence permettent au Gouvernement de faire taire le mécontentement social. Puisque celui-ci est soit le jeu de l’étranger, soit celui des extrêmes. Pourtant, ce ne sont pas les vrais manifestants, qui sont à l’origine des saccages. Mais peu importe, puisque le vrai danger vient bien d’eux.

De son côté, Attal en ajoute une couche et tente de prendre une carrure de présidentiable : il faut pouvoir bloquer les réseaux sociaux lors des manifestations. Et Attal de continuer la logique de Macron : « perquisition administrative, assignation à résidence, état d'urgence s'il le faut ». C’est le premier pas qui compte, faire bouger les barrières sociales, faire accepter aux gens des restrictions, qu’ils n’accepteraient pas en temps normal. Et la mécanique suit ensuite sa route.

Jusqu’où cela ira-t-il ? Difficile à dire pour l’instant. Toujours est-il que nous entrons en dystopie, cette utopie triste, qui est le symbole de notre époque, de la chute de notre civilisation.

Ces élites sont minoritaires, elles ne peuvent donc que gouverner contre le peuple. Pour cela, le peuple doit avoir peur. Physiquement. Les groupes violents sont là pour ça. 

Pour que les gens aient peur de sortir contester ce pouvoir inique. Pour qu’ils demandent plus de sécurité, au prix de moins de liberté. Une sécurité qu’ils n’obtiendront pas, car la violence augmentera. Et ils en demanderont encore plus. Et ils auront encore plus peur.

La mécanique, va-t-elle s’emballer au point de suspendre sine die l'élection présidentielle ? La question se pose. Tout va dépendre de la résilience de la population. Résilience à la manipulation, à la peur, à la guerre mentale, que ces élites conduisent sans pitié contre les populations.