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France : le ministre du Travail évoque un Smic à 1 500 euros, loin des revendications syndicales

Jean-Pierre Farandou, ministre français du Travail, évoque un Smic à 1 500 euros net, mais refuse les hausses qui, selon lui, menaceraient l'emploi. Ses propos, ce 8 novembre, précèdent une réunion sur les salaires, alors que les syndicats réclament davantage après des semaines de manifestations contre la vie chère.

Seulement 22 euros séparent le salaire minimum français du seuil de 1 500 euros net. Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, souhaite franchir cette barre, mais les salariés mobilisés depuis plusieurs semaines attendent davantage. Interrogé dans La Tribune Dimanche ce 8 novembre, le ministre a surtout expliqué pourquoi il refusait d'aller beaucoup plus loin.

« Je ne proposerai pas de mesure qui nuirait à l'emploi », affirme Jean-Pierre Farandou. Il redoute qu'un Smic porté à 1 700 euros net fasse disparaître plus de 230 000 postes. Ce chiffre, qu'il avance pour défendre sa position, tranche avec les hausses réclamées dans la rue.

Le ministre propose 22 euros d'augmentation

Le Smic, ou salaire minimum interprofessionnel de croissance, est le minimum légal payé à un salarié en France. Il atteint aujourd'hui 1 477,93 euros net par mois. Pour passer à 1 500 euros, il manquerait 22,07 euros. La Confédération française démocratique du travail (CFDT) souhaite une augmentation de 100 euros ; la Confédération générale du travail (CGT) en réclame environ 150, soit 10 %.

L'écart sera au centre des discussions du 9 novembre à Matignon, résidence du Premier ministre français. Sébastien Lecornu y recevra les syndicats et les représentants des employeurs pour tenter de répondre aux revendications salariales. Une revalorisation pourrait intervenir dès le 1er décembre, mais aucun montant n'a été arrêté.

Jean-Pierre Farandou évoque aussi un texte réglementaire destiné à pousser les secteurs professionnels à relever leurs salaires minimaux négociés, parfois inférieurs au Smic. Il promet des mesures pour relancer les négociations au sein des entreprises.

La rue attend davantage

La veille de l'entretien, le 7 novembre, les cortèges contre la vie chère ont de nouveau traversé plusieurs villes françaises. L'intersyndicale de la jeunesse a annoncé 250 000 manifestants, quand le ministère de l'Intérieur en a compté 146 000. Deux jours plus tôt, les syndicats avaient déjà appelé à une journée de grève nationale.

Le 5 novembre, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, avait prévenu sur LCI : « Si le gouvernement ne répond pas à nos revendications, il y aura des suites. » Les organisations syndicales doivent décider de la poursuite du mouvement après la réunion du 9 novembre.

Pour défendre sa position, le ministre du Travail rappelle qu'un salarié célibataire rémunéré au Smic peut aussi percevoir une prime d'activité, une aide publique destinée aux travailleurs modestes. Dans son exemple, 230 euros de prime s'ajoutent à environ 1 477 euros de salaire. Ce complément ne change toutefois pas le salaire versé par l'employeur, au cœur des revendications de la rue.