L’administration Trump a décidé de ne pas inviter de mission de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) à observer les élections de mi-mandat du 3 novembre. Depuis 2002, l’organisation avait suivi douze scrutins fédéraux américains, dont six élections de mi-mandat. Ses représentants avaient notamment été accueillis en 2018, sous la première présidence de Donald Trump.
Ces missions examinent le déroulement des élections et publient leurs conclusions, sans pouvoir intervenir dans les opérations de vote ni annuler les résultats.
Le département d’État justifie ce refus en estimant que l’OSCE devrait consacrer ses ressources limitées aux élections où son action serait la plus utile. L’organisation a toutefois qualifié cette décision de « regrettable » et estimé qu’elle ne respectait pas les engagements de Washington.
Parallèlement, les États-Unis envisagent de déployer environ 1 000 observateurs du ministère de la Justice dans les bureaux de vote. Cette initiative suscite des inquiétudes concernant les droits des électeurs, alors que la mission internationale de l’OSCE n’a pas été invitée.
Ce refus met en lumière un changement de position américain. En 2024, le département d’État critiquait la Russie pour une coopération avec l’OSCE qu’il jugeait insuffisante, tout en défendant l’impartialité de ses observateurs. Deux ans plus tard, Washington renonce lui-même à les inviter à ses élections fédérales.
Un scrutin qui pourrait affaiblir Donald Trump
Cette décision intervient à moins d’un mois d’élections décisives pour le contrôle du Congrès. Le 3 novembre, les Américains renouvelleront les 435 sièges de la Chambre des représentants et une partie du Sénat. Les républicains risquent de perdre leur majorité dans une ou dans les deux chambres.
Les intentions de vote nationales placent actuellement les démocrates en tête, avec 51,3 % contre 41,6 % pour les républicains. Les projections électorales leur attribuent également 93 % de chances de remporter la Chambre des représentants et 74 % de conquérir le Sénat. Ces estimations restent néanmoins susceptibles d’évoluer avant le vote.
Une victoire démocrate pourrait réduire considérablement la marge de manœuvre de Donald Trump. Le président américain serait alors contraint de composer avec une opposition renforcée au Congrès pour faire adopter une partie de son programme.
La guerre contre l’Iran accentue les difficultés de Washington
La campagne se déroule également dans un contexte de forte opposition à la guerre contre l’Iran. Selon les sondages, 60 % des Américains désapprouvent le conflit, contre 32,1 % qui le soutiennent. Les préoccupations économiques, notamment le niveau élevé des prix des carburants, s’ajoutent aux difficultés rencontrées par l’administration américaine.
Malgré l’impopularité du conflit, Washington étudie la possibilité de nouvelles opérations militaires d’envergure contre l’Iran, éventuellement avant les élections du 3 novembre. Plusieurs scénarios seraient envisagés, sans qu’aucune décision définitive ait été prise.
À l’approche du scrutin, Donald Trump doit ainsi faire face à une possible perte de contrôle du Congrès, tandis que les perspectives d’une nouvelle escalade militaire au Moyen-Orient entretiennent les incertitudes sur la politique américaine.