Burkina Faso : Ibrahim Traoré dresse le bilan d'un an de Révolution progressiste populaire
© BF1TVÀ l’occasion du premier anniversaire de la Révolution progressiste populaire, le président burkinabè met en avant des avancées sécuritaires, une ambition économique affirmée et un partenariat stratégique avec la Russie.
Le chef d'État burkinabè, Ibrahim Traoré, a accordé un entretien à la presse nationale et internationale le 2 avril, à l’occasion du 1ᵉʳ anniversaire de la proclamation de la Révolution progressiste populaire (RPP). Pendant plus de deux heures, il a abordé plusieurs questions portant sur des secteurs vitaux pour le pays et pour la région du Sahel.
Lutte contre le terrorisme
Sur le terrain sécuritaire, le président affirme que l’armée a repris l’initiative. Des localités longtemps disputées, notamment au nord de Djibo, ont été reconquises. À l’est, les forces burkinabè progressent jusqu’aux abords de la frontière béninoise. « Nous avançons de victoire en victoire », assure-t-il.
Le reflux des déplacés internes s’inscrit dans cette dynamique. Leur nombre a été divisé par deux en quelques années. Objectif affiché : un retour massif d’ici mi-2026. Ibrahim Traoré s’est voulu optimiste, estimant que le rythme d’avancée de l’armée depuis novembre dernier permet d’affirmer que « nous ne sommes plus trop loin de la fin du terrorisme ».
L’ambition économique du Burkina Faso
Sur le plan économique, le président burkinabè a attribué la mobilisation record de 2 300 milliards de francs CFA de ressources propres en 2025, d’abord aux ressources humaines et aux agents du ministère des Finances, qui ont compris les visées du gouvernement, et ensuite à des réformes menées au sein des régies financières, notamment une lutte renforcée contre la corruption.
Traoré a également détaillé son ambition pour le secteur agricole, visant à produire, transformer et consommer localement. « Consommons ce que nous produisons. Nos terres sont riches, nos paysans sont braves. Produisons, transformons et consommons », a-t-il incité. Dans ce même contexte, il a déclaré : « Il faut que nous redevenions nous-mêmes et que nous assumions ce que nous produisons. C’est à cette seule condition que nous perdurerons. »
Concernant la souveraineté financière du Burkina Faso et face aux blocages internationaux, Ibrahim Traoré a fait savoir que l’État a entamé la création de réserves d’or stratégiques, qui devraient servir de valeur de référence. « Nous ne voulons pas voir notre peuple dans la misère. Nous n’avons pas de pétrole, certes, mais nous avons l’or, et ce que l’or peut faire, nous allons l’exploiter », a-t-il affirmé.
La Russie, partenaire stratégique
Pour le président du Burkina Faso, la Russie est considérée comme un partenaire stratégique. Moscou apporte un échange précieux « d’expériences de combat » et fournit des équipements militaires là où plusieurs capitales européennes refusent. Traoré insiste toutefois : sur le terrain, ce sont les soldats burkinabè qui combattent.
Au terme de son discours, le chef de l'État burkinabè a appelé à une « décolonisation mentale » de la jeunesse africaine pour favoriser le développement du continent. « Tout le monde a un cerveau. Croyons en nous, c’est possible », a-t-il encouragé.