RDC : deux nourrissons emportés par Ebola dans l'est du pays
© Moses Sawasawa Source: APDeux bébés hébergés dans un orphelinat de Bunia, dans l'est de la République démocratique du Congo, sont décédés après avoir contracté Ebola. Ces décès mettent en lumière la vulnérabilité des jeunes enfants face à l'épidémie qui a déjà fait au moins 115 morts dans le pays.
Après la mort de sa mère à la fin du mois de mai, la petite Buswaza avait été accueillie dans un orphelinat géré par des religieuses à Bunia, dans la province de l'Ituri, épicentre de l'épidémie d'Ebola qui frappe actuellement la République démocratique du Congo. Les sœurs avaient rapidement constaté que le nouveau-né souffrait de fièvre. Quelques jours plus tard, l'enfant est décédé. Des analyses ont ensuite confirmé qu'il était atteint du virus Ebola.
À la suite de ce décès, six autres nourrissons de l'établissement, qui accueille 69 enfants, ont été considérés comme des cas suspects et ont été transférés au Centre médical évangélique (CME) de Bunia. Cinq d'entre eux ont finalement été déclarés négatifs et ont quitté le 9 juin leur unité d'isolement sous les applaudissements des religieuses.
Un autre bébé, une petite fille de moins d'un an surnommée « Chérie », issue d'une fratrie de triplées et dont l'infection avait été confirmée, est toutefois décédé le 10 juin, a indiqué à Reuters le directeur du CME, Freddy Kibwana. « L'enfant nous a quittés », a-t-il déclaré.
Les enfants, 17% des cas confirmés
Les professionnels de santé rappellent que les nourrissons et les jeunes enfants peuvent favoriser la transmission du virus à travers des fluides corporels hautement contagieux, tels que la salive, les vomissements ou les selles. Trois personnes ayant pris soin des deux bébés décédés, dont une religieuse, ont été testées positives au virus.
Au sein de l'orphelinat, fondé à l'époque coloniale par des religieuses belges, l'émotion est vive. « Nous sommes des religieuses, mais aussi des êtres humains, et cette épreuve a été très difficile », a confié l'une des sœurs, sous couvert d'anonymat, craignant la stigmatisation associée à la maladie.
Buswaza, morte avant même d'avoir atteint l'âge de deux semaines, figure parmi les plus jeunes victimes de cette flambée épidémique. Selon les autorités sanitaires, près de 600 personnes ont été infectées et au moins 115 sont décédées depuis le début de l'épidémie.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) souligne que le virus Ebola peut être transmis de la mère à l'enfant pendant la grossesse ou l'accouchement, la présence du virus ayant été détectée dans le placenta et le liquide amniotique. Une transmission par l'allaitement est également possible.
D'après les données préliminaires de l'Unicef, les enfants représentent environ 17 % des cas confirmés dans cette épidémie. S'ils constituent une proportion plus faible que les adultes, l'OMS estime qu'ils sont davantage exposés aux formes graves et à un risque accru de décès.