Mali : l’armée reprend le contrôle de la ville stratégique de Kidal avec le soutien du Corps africain du ministère russe de la Défense
© Corps africain du Ministère russe de la DéfenseAu terme de sept jours d’opérations, la coopération militaire entre Bamako et Moscou a permis aux forces maliennes de reprendre Kidal, dans le nord-est du pays. Appuyées par le Corps africain russe, elles ont progressé malgré les terrains minés et les positions de groupes armés, une étape majeure pour le retour de l’État malien dans le Nord.
Les Forces armées maliennes (FAMa), avec le soutien du Corps africain du ministère russe de la Défense, ont repris le contrôle de Kidal, dans le nord-est du pays, à l’issue d’une opération militaire menée du 1er au 7 octobre 2026.
Bastion historique de la rébellion touareg, cette ville stratégique était passée en avril sous le contrôle du Front de libération de l’Azawad (FLA) et de ses alliés du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM ou GSIM), une organisation djihadiste affiliée à Al-Qaïda. La reprise de Kidal constitue une avancée pour Bamako dans ses efforts pour restaurer l’autorité de l’État dans le nord du pays.
L’opération a réuni les forces maliennes et les unités russes du Corps africain, avec l’appui du Groupe d’autodéfense touareg Imghad et alliés (GATIA) et du Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA), deux mouvements progouvernementaux. Elle illustre leur coopération militaire dans la lutte contre les groupes armés présents dans la région.
Une offensive appuyée par les moyens militaires russes
Selon un communiqué du Corps africain, les forces alliées ont parcouru plus de 450 kilomètres depuis Gao, franchissant des terrains accidentés et des zones minées, tout en récupérant plusieurs localités sur leur passage.
Cette progression s’est accompagnée d’opérations aériennes menées de concert par les forces maliennes et russes. D’après le Corps africain, les frappes ont causé d’importants dommages aux positions adverses autour de Kidal, ainsi qu’à leurs installations dans les secteurs d’Abeïbara, Tin-Essako, Talhandak, Tin Zaouatine et Tessalit.
La reconnaissance aérienne a aussi joué un rôle dans la marche des troupes. À une trentaine de kilomètres à l’ouest de Kidal, un drone a repéré un groupe armé préparant une embuscade contre une colonne alliée. Selon le Corps africain, les combattants et leurs véhicules camouflés ont été détruits.
Face à l’offensive conjointe, les combattants séparatistes ont quitté Kidal. Le FLA a confirmé son retrait, le présentant comme un « repli stratégique », motivé, selon lui, par la volonté de préserver ses effectifs et les civils des frappes aériennes.
Le 6 octobre, les forces maliennes sont entrées dans la ville sans rencontrer de résistance directe. Des responsables militaires ont expliqué que les frappes menées en amont avaient affaibli le dispositif adverse et facilité l’arrivée des troupes.
Sécurisation et rétablissement de l’autorité de Bamako
Le 7 octobre, les militaires maliens et russes poursuivaient les opérations de sécurisation. Le Corps africain fait état de lourdes pertes parmi leurs adversaires. Des actions de déminage et d’assistance humanitaire ont par ailleurs été engagées dans une ville largement dépeuplée.
Au-delà de l’opération militaire, cette reprise revêt une importance politique et symbolique. Dans son communiqué, le Corps africain souligne que la ville représente l’un des principaux emblèmes de l’État malien dans le nord du pays.
Cette reconquête permet à Bamako de reprendre pied dans une cité stratégique, après plusieurs mois d’occupation par les groupes armés. Elle témoigne aussi de l’engagement opérationnel du Corps africain aux côtés des forces maliennes dans cette offensive.