Crise politique en France : le gouvernement n’a «rien donné» de nouveau aux socialistes, estime Coquerel

Crise politique en France : le gouvernement n’a «rien donné» de nouveau aux socialistes, estime Coquerel© Telmo Pinto/NurPhoto Source: Gettyimages.ru
Éric Coquerel, député La France insoumise (LFI), aux côtés de Manuel Bompard, coordinateur de LFI, dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, le 15 octobre 2025. [Photo d'illustration]
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Alors qu’un potentiel recours au 49.3 est envisagé par le gouvernement français, et que le patron des socialistes à l’Assemblée s’est dit prêt à «une non-censure», le président de la Commission des Finances de l’Assemblée nationale Éric Coquerel a fustigé ce 19 janvier l’attitude du groupe PS, dont les membres ont été élus sur le projet du NFP.

« On n’a pas été élu pour permettre au macronisme de continuer à sévir dans le pays », a déclaré ce 19 janvier sur Sud Radio Éric Coquerel, alors que le gouvernement envisage sur le budget un éventuel recours à l’article 49, alinéa 3, de la Constitution ou aux ordonnances. « On n’a pas été élu pour permettre au macronisme de continuer à sévir dans le pays », a insisté le député insoumis, renvoyant au programme du Nouveau Front populaire sur lequel ont également été élus les députés socialistes et qui est « à l’antithèse de ce qui est en train d’être fait ».

« Nous pouvons envisager, en effet, une non-censure », avait déclaré plus tôt dans la matinée Boris Vallaud, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, au micro de RTL, en cas de recours au 49.3 par Sébastien Lecornu. « Il n’est pas notre budget, il est d’une certaine manière l’addition de huit ans d’une politique que nous condamnons », a-t-il également déclaré, assurant avoir « fait le choix d’être une opposition utile » dans un «­ Parlement sans majorité ». Un groupe PS qui avait, mi-octobre, sauvé le gouvernement Lecornu II naissant.

« J’ai un respect pour ce qu’on dit à nos électeurs et là ce que s’apprête à faire le groupe socialiste c’est permettre à ceux qui ont été battus de continuer à sévir pendant un an », a pour sa part insisté Éric Coquerel. « On n’a pas le temps de ça ! On a besoin d’un budget très différent, qui relancerait l’activité économique, qui relancerait les investissements, qui permettrait justement d’aller chercher l’argent là où il est, où monsieur Macron a permis qu’il s’accumule », a poursuivi le président de la Commission des finances de l’Assemblée nationale.

« Des gestes en trompe-l’œil »

Ce dernier a notamment mis une part de la responsabilité du trou dans les caisses de l’État français sur le « différentiel de quelques personnes » réglant un impôt sur le revenu qui selon lui « n’a aucun rapport avec leurs revenus effectifs ». « Cela coûte des dizaines de milliards à l’État, et ces gens-là il ne faudrait pas du tout les toucher », a affirmé le député de Seine-Saint-Denis, balayant la portée des annonces faites le 16 janvier par Sébastien Lecornu concernant les repas à 1 euro « pour tous les étudiants » au restaurant universitaire d’ici le mois de mai, ainsi qu’une hausse moyenne de la prime d'activité des ménages les plus modestes de 50 euros par mois.

Des annonces auxquelles est venue s’ajouter, le 18 janvier, celle du maintien en 2026 de la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, et qui sont toutes présentées par la presse française comme des « concessions fortes » au PS.

« C’est un compromis, qui lui est imposé […]. Il est en train de donner quelque chose qui lui a été imposé » par le Parlement, a balayé Éric Coquerel, estimant que le gouvernement n’a « rien donné » aux socialistes. « Les seules nouvelles mesures c’est le repas à un euro pour les étudiants et la prime d’activité de 50 euros par mois », a poursuivi l’élu insoumis, estimant l’ensemble de ces mesures fraîchement annoncées par le gouvernement à « un milliard » d’euros pour les caisses de l’État.

« Mais si vous regardez dans le même temps les coupes budgétaires qui vont être imposées — y compris sur les mêmes ministères — vous vous apercevez qu’on donne quelque chose d’une main — un peu, les miettes — et de l’autre côté on prend beaucoup », a-t-il étayé, renvoyant notamment à une baisse de 200 millions d’euros sur deux ans des dépenses destinées à la vie étudiante, loin des 90 millions que pourraient coûter ces repas à 1 euro, ou encore au fait que « tous les contrats aidés vont être sacrifiés ».

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