Jack Lang démissionne de l’Institut du monde arabe, éclaboussé par l’affaire Epstein

Jack Lang démissionne de l’Institut du monde arabe, éclaboussé par l’affaire Epstein Source: Gettyimages.ru
Jack Lang lors de la Fashion Week de Paris, le 22 janvier 2026, en France.
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Mis en cause pour ses liens avec Jeffrey Epstein et visé par une enquête pour «blanchiment de fraude fiscale aggravée», l'ancien ministre français de la Culture a présenté sa démission de la présidence de l’Institut du monde arabe. Sous pression croissante de l’exécutif, il a préféré se retirer pour éviter d’éclabousser cette institution.

Jack Lang a annoncé sa démission de la présidence de l’Institut du monde arabe (IMA), poste qu’il occupait depuis 2013. À 86 ans, l’ancien ministre français de la Culture quitte ses fonctions sur fond de scandale, rattrapé par ses liens avec Jeffrey Epstein, le financier américain condamné pour crimes sexuels et décédé en prison en 2019. La décision, rendue publique ce 7 février, via une lettre adressée au ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, intervient dans un contexte de pressions croissantes, aggravé par l’ouverture d’une enquête préliminaire par le parquet national financier (PNF).

Cette enquête vise Jack Lang et sa fille Caroline pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée ». Mediapart, s’appuyant sur des documents publiés par l’administration américaine, a révélé des liens économiques étroits entre la famille Lang et Jeffrey Epstein. Le nom de l’ancien ministre apparaît 673 fois dans la correspondance du financier. Des échanges suggèrent des faveurs sollicitées, notamment un message où Jack Lang écrivait : « Cher Jeffrey, votre générosité est infinie. Puis-je encore abuser ? »

Sa fille Caroline Lang, également citée, aurait fondé avec Epstein une société offshore en 2016. Elle figurait comme bénéficiaire de 5 millions de dollars dans le testament du milliardaire, rédigé deux jours avant sa mort. Elle a depuis quitté la présidence d’un syndicat de producteurs de cinéma.

Pressions politiques et réaction de l’exécutif

Alors qu’il affirmait encore le 4 février ne pas envisager de quitter l’IMA, Jack Lang a finalement fléchi. L’Élysée et Matignon ont exigé qu’il se rende au Quai d’Orsay, le ministère de tutelle de l’Institut. Le ministre Jean-Noël Barrot a évoqué des faits « inédits et d’une extrême gravité » et annoncé la convocation d’un conseil d’administration.

Dans sa lettre de démission, Jack Lang maintient sa position de défense : « Les accusations portées à mon encontre sont inexactes et je le démontrerai. » Il dénonce un climat « délétère » mêlant « attaques personnelles, soupçons et amalgames » et affirme avoir agi pour protéger l’IMA et ses équipes.

Son avocat Laurent Merlet déplore « la meute » médiatique et politique, tout en assurant que son client reste « serein ».

Du côté de l’exécutif, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a salué une décision « souhaitable » et « inévitable », qualifiant la situation d’« intenable ». L’ancien Premier ministre Michel Barnier a pour sa part estimé qu’il fallait « préserver la réputation de l’Institut du monde arabe ».

La fin d’un parcours institutionnel

Figure emblématique de la vie culturelle française, créateur de la Fête de la musique et des Journées du patrimoine, Jack Lang voit sa longue carrière marquée par une sortie contrainte. Lui qui fut surnommé le « ministre de la Culture à vie » quitte l’IMA dans la tourmente, 13 ans après avoir pris la tête de cette institution majeure du dialogue entre la France et le monde arabe.

Le ministère des Affaires étrangères a d’ores et déjà lancé la procédure pour lui trouver un successeur. Un conseil d’administration extraordinaire sera convoqué dans les jours à venir pour officialiser son départ. La nomination définitive devra, comme toujours, être validée par les sept pays arabes membres du conseil de l’IMA, aux côtés de l’État français.

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