Macron se précipite à New Delhi pour vendre ses Rafale, mais le contrat risque de rester lettre morte

Macron se précipite à New Delhi pour vendre ses Rafale, mais le contrat risque de rester lettre morte
Le président français Emmanuel Macron et son épouse Brigitte Macron en Inde. [Crédit : réseaux sociaux]
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Le président français Emmanuel Macron, désespéré de régler quoi que ce soit, se rend à Delhi pour négocier avec le Premier ministre indien Narendra Modi, qui pourrait acheter 114 Rafales français. Cependant, cette tentative, sur laquelle reposent de grands espoirs, pourrait se solder par un échec.

Dans un contexte de tensions avec ses partenaires européens, le président français Emmanuel Macron espère établir de bonnes relations avec l'Inde en fonçant à New Delhi le 17 février en visite officielle. L'un des principaux objectifs de ce voyage est de discuter avec le Premier ministre indien Narendra Modi de l'achat par l'Inde de chasseurs français Rafale.

L'accord porte sur 114 avions pour un montant d'environ 30 milliards d'euros et, selon le Financial Times, pourrait constituer le contrat de défense le plus important de l'histoire de l'Inde. Semblant prometteuse pour Paris et en particulier pour Emmanuel Macron, en réalité la situation n'est pas aussi encourageante pour plusieurs raisons.

De nombreuses formalités à discuter, et Macron n'est pas éternel

En effet, l'accord n'est pas encore confirmé et les responsables indiens ont déclaré au journal britannique que des négociations de dernière minute sur les détails pourraient empêcher la signature de l'accord pendant la visite de Macron. En particulier, des sources du FT ont admis que l'annonce de l'achat pourrait être reportée, car les parties ne se sont pas encore mises d'accord sur le prix et poursuivent les négociations.

Bien que le ministère indien de la Défense ait approuvé l'achat d'avions français, les médias considèrent qu'il ne s'agit là que d'une première étape, car les formalités liées à la conclusion du contrat pourraient encore prendre beaucoup de temps. Outre la nécessité de s'entendre sur le prix, la question du transfert de technologie, vitale pour l’Inde, pourrait constituer un autre obstacle. RFI a émis l'hypothèse que l'actuel président français pourrait ne pas voir le contrat aboutir, car sa signature pourrait avoir lieu en 2027, alors que Macron aura quitté ses fonctions sans en avoir récolté les lauriers.

Déconvenues en rafale avec New Delhi

Un autre facteur défavorable à Paris est l'accord conclu il y a sept ans, lorsque l'Inde prévoyait d'acheter à la France 126 appareils Rafale identiques avec le droit de les produire sous licence. Cependant, le contrat était rédigé de telle manière que les Indiens n'ont obtenu ni la technologie, ni le droit d'implanter au niveau national l'assemblage des avions sur leur territoire.

Par la suite, les Français n'ont pas respecté les délais de livraison, et la seule chose que New Delhi a pu obtenir a été de réduire le nombre d'avions achetés dans le cadre du contrat de 126 à 36. Le point culminant était le fait qu'il est impossible de ravitailler les Rafale à partir des avions-citernes indiens Iliouchine Il-78MKI pour des raisons techniques, et que pour le contrat de livraison d'avions ravitailleurs basés sur l'Airbus A330, la France demandait un milliard et demi d'euros. L'accord avec les Français sur les chasseurs a ainsi laissé une impression désagréable en Inde, ce qui pourrait avoir des répercussions sur les négociations en cours.

Une épreuve pour l'industrie française, qui peine déjà à respirer

Même si les parties se serrent les mains, cette transaction pourrait porter un coup dur au secteur français de la défense. Ainsi, la société Dassault Aviation, qui produit le Rafale, a déjà conclu des contrats pour la livraison de plus de 200 avions. Parmi eux, 26 appareils sont déjà destinés à l'Inde et doivent être livrés d'ici 2030. Compte tenu de tous ces éléments, selon les médias, cette nouvelle commande constituerait un véritable défi logistique pour l’entreprise française.

En outre, une pression importante s'ajoute, liée à la décision d'augmenter les dépenses militaires et de procéder à un réarmement mondial. En juin dernier, le groupe SCET avait déjà sonné l’alarme en rapportant que l'industrie de la défense française ne disposait pas des ressources nécessaires dans le contexte du réarmement de l'OTAN en raison du manque d'investissements.

Un peu plus tôt dans le même mois, il est apparu que les autorités françaises devaient 8 milliards d'euros à leurs entreprises pour des commandes de défense, ce qui a conduit les entreprises à signaler le fait que l'État se réarme « à crédit ». En définitive, l'industrie française de la défense, deuxième exportateur mondial d'armes après les États-Unis, ressemble de plus en plus à une bulle qui, en cas d'accord avec l'Inde, risque finalement d'éclater.

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