Lycéens : près de mille interpellations et 65 policiers et gendarmes blessés lundi, une main arrachée, crainte d’un «mardi noir»
© Capture d'écran compte X @zairker (amélioré à l'IA)Au lendemain de 984 interpellations et de 65 blessés parmi les forces de l’ordre, lycéens, étudiants et syndicats se mobilisent ce 6 octobre dans toute la France. Les autorités redoutent un «mardi noir» marqué par des débordements.
Après une journée du 5 octobre déjà tendue, qui a vu près de mille personnes interpellées et 65 policiers et gendarmes blessés, la contestation lycéenne et étudiante se poursuit avec une large mobilisation nationale. Les autorités craignent un « mardi noir » susceptible d’être émaillé d’incidents.
Depuis le 28 septembre, le mouvement a donné lieu à plus de 6 000 interpellations et fait 715 blessés parmi les forces de l’ordre, selon le ministère de l’Intérieur. Le 5 octobre, un adolescent de 15 ans a eu la main arrachée par une grenade devant un lycée de Lens, un incident qui a ravivé les accusations de violences policières et durci le climat.
‼️ 🇫🇷 Lens: un lycéen a eu la main arrachée en ramassant une grenade policière ‼️ Attention ! Âmes sensibles s'abstenir ! ⚠️ Un lycéen de 15 ans a eu la main arrachée lundi matin lors d'une manifestation à Lens, a déclaré le préfet du Pas-de-Calais lors d'un point presse, un accident qui s'est produit après que l'adolescent a ramassé une grenade, selon une source policière. ⚠️ Il s'agissait d'une grenade de désencerclement lancée par des CRS, selon une autre source syndicale policière: le lycéen aurait voulu ramasser l'engin pour le relancer et il lui a explosé dans la main. Les autorités n'ont cependant pas donné d'informations sur les circonstances dans l'immédiat.
— NAMKARIBOU News (@Namkaribou) October 5, 2026
Le 5 octobre, la secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, a réagi sur BFMTV à cette affaire, survenue dans sa région : « Que se passe-t-il dans ce pays ? Un jeune de 15 ans a eu l’avant-bras arraché jusqu’au coude ce matin à Lens, devant son lycée, par une grenade de désencerclement. […] Ce gouvernement doit le comprendre ou démissionner. »
Colère lycéenne: "Ils font face à une répression qui est hors norme", estime Marine Tondelier, candidate "Les Écologistes" à la présidentielle https://t.co/XnjN72IMLN
— BFM (@BFMTV) October 6, 2026
Des dizaines de milliers de lycéens sont attendus dans les rues, rejoints par des organisations étudiantes, une intersyndicale de l’Éducation nationale (Fédération syndicale unitaire – FSU, Confédération générale du travail – CGT, Force ouvrière – FO, Confédération française démocratique du travail – CFDT, Union nationale des syndicats autonomes – UNSA et Solidaires, unitaires, démocratiques – SUD), ainsi que la Confédération paysanne.
À Paris, le cortège doit partir de la place de la République vers 14h, avec une estimation de 20 000 à 40 000 manifestants. Des blocages ont été signalés dès l’aube devant de nombreux établissements et universités, dont la Sorbonne. Vers 9h, l’une des entrées de Paris était bloquée au cours de Vincennes.
Ça démarre fort à Paris où des dizaines de lycéens bloquent le cour de Vincennes. 🎥 @AnthoDepe #BlocusLycées #6Octobre https://t.co/yCSNlEWFNw
— PLAN B (@zairker) October 6, 2026
Les lycéens dénoncent le manque de moyens, la vétusté des locaux, les emplois du temps surchargés et la « pression » de Parcoursup. Ils rejettent ce qu’ils qualifient d’« avenir de guerre et de précarité ». Alors que dix enquêtes de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) ont été ouvertes et que le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, réunit les procureurs généraux, la journée s’annonce décisive pour le mouvement, qui devrait difficilement se prolonger au-delà du 17 octobre, début des vacances de la Toussaint.