Réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU : la Russie appelle les États-Unis à libérer Nicolás Maduro

Réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU : la Russie appelle les États-Unis à libérer Nicolás Maduro
Vassili Nebenzia, représentant de la Fédération de Russie à l’ONU
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Le représentant de la Russie a fustigé l’«agression» américaine flagrante contre le Venezuela, appelant avec la Chine à la libération du couple présidentiel que les États-Unis affirment détenir sur la base de «preuves irréfutables de ses crimes».

La réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies a démarré ce 5 janvier à New York pour examiner ce que l’organisation qualifie d'« extradition » du président vénézuélien Nicolás Maduro par les États-Unis. Les discussions portent sur l’onde de choc provoquée par l’action américaine, que le Secrétaire général de l’ONU a décrite comme un « dangereux précédent » tant dans la région qu’au niveau mondial.

Selon l’ONU, les principes fondamentaux du droit international, la souveraineté et l’autorité du Conseil à réagir face à des escalades soudaines susceptibles de déstabiliser la région sont en jeu.

La Russie qualifie la capture de Nicolás Maduro d’« acte de brigandage »

Lors de son intervention, le représentant de la Fédération de Russie à l’ONU, Vassili Nebenzia, a déclaré que les « murmures indistincts et les tentatives d’échapper à une évaluation sévère de la part de ceux qui, dans d’autres situations, exigeaient avec véhémence que les autres respectent la Charte de l’ONU semblent aujourd’hui particulièrement hypocrites et inappropriés ». Il a invité à renoncer aux « doubles standards » et à ne pas « justifier un acte d’agression aussi flagrant par peur de fâcher le gendarme du monde américain qui cherche à renaître ».

Le représentant de la Russie a aussi qualifié les actions américaines visant à capturer Maduro d’« acte de brigandage contre le dirigeant vénézuélien, qui a fait plusieurs dizaines de morts parmi les citoyens vénézuéliens et cubains », devenu « le signe d'un retour à l'ère de l'arbitraire, de la domination américaine par la force, du chaos et du non-droit, dont continuent de souffrir des dizaines d'États dans diverses régions du monde ». « Il n’y a aucune justification, et il ne saurait y en avoir, au crime cynique commis par les États-Unis à Caracas », a-t-il martelé, condamnant fermement ce qu’il a qualifié d’« acte d’agression armée des États-Unis contre le Venezuela, perpétré en violation de toutes les normes du droit international ».

Vassily Nebenzia a appelé les autorités américaines à « libérer immédiatement le président légitimement élu d’un État indépendant ainsi que son épouse », invitant les Américains à « consulter leur propre Constitution, dont les premiers mots sont : “Nous, le peuple des États-Unis”, et commencer à réellement reconnaître la souveraineté d’autres États, plutôt que de renverser les régimes indésirables ».

« Profonde indignation » de la Chine

Le représentant de la Chine au Conseil de sécurité, Fu Cong, a fait part de la « profonde indignation » de son pays, qui a condamné « avec la plus grande fermeté les actions unilatérales des États-Unis ». La Chine a également appelé « à la cessation immédiate des atteintes à la sécurité des autres États, à l’abandon des tentatives de changement de régime au Venezuela et au retour à une solution politique fondée sur le dialogue et la négociation », exhortant les États-Unis « à garantir la sécurité du président Maduro et de son épouse et à procéder sans délai à leur libération ».

États-Unis : « Nous ne menons pas la guerre contre le Venezuela ou son peuple »

Dans son intervention au Conseil de sécurité de l’ONU, le représentant américain, Michael G. Waltz, a affirmé que son pays avait mené « avec succès une opération chirurgicale d’application de la loi, facilitée par l’armée américaine, contre deux personnes inculpées qui tentaient d’échapper à la justice américaine : le narcoterroriste Nicolas Maduro et Cilia Flores ». Il a aussi accusé le président vénézuélien « d’attaques contre le peuple américain, de la déstabilisation de l’hémisphère occidental et de la répression illégitime du peuple vénézuélien », rappelant que les États-Unis ne mènent pas « la guerre contre le Venezuela ou son peuple. Nous n’occupons pas le pays. Il s’agit d’une opération d’application de la loi ».

Selon Michael G. Waltz, le couple présidentiel vénézuélien a été transféré aux États-Unis « pour répondre de ses crimes », Nicolás Maduro ayant été « inculpé par un grand jury du district sud de New York » et faisant face à « de très lourdes accusations criminelles pour son implication dans un vaste complot de narcoterrorisme, de trafic de cocaïne et d’autres drogues, ainsi que de trafic international d’armes ». Il a évoqué des « preuves irréfutables de ses crimes », qui, selon lui, seront présentées publiquement devant la justice américaine.

Antonio Guterres « vivement préoccupé »

La vice-secrétaire générale des Nations unies a exprimé, au nom d’Antonio Guterres — absent de la réunion —, la « vive préoccupation » de celui-ci face à « l’intensification possible de l’instabilité dans le pays, l’impact potentiel sur la région et le précédent que cela pourrait constituer pour les relations entre les États ».

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