Avec Rosatom, le Bangladesh franchit une étape clé dans le développement de sa première centrale nucléaire
© Daily SunLa centrale nucléaire de Rooppur franchit une étape décisive au Bangladesh avec le lancement physique de son premier réacteur. Pour Alexeï Likhatchov, ce projet réalisé avec Rosatom doit soutenir l’indépendance énergétique du pays, renforcer ses capacités industrielles et apporter une électricité stable à des dizaines de millions d’habitants.
La centrale nucléaire de Rooppur est la première installation nucléaire de l’histoire du Bangladesh. Réalisée avec Rosatom, le groupe public russe spécialisé dans l’énergie nucléaire, elle doit fournir au pays une source d’électricité stable et renforcer son indépendance énergétique sur le long terme. Dans une tribune publiée le 12 juin par le média bangladais Daily Sun, Alexeï Likhatchov décrit ce projet comme une étape majeure pour l’énergie et l’industrie du pays, portée par la coopération avec la Russie.
Selon Likhatchov, l’idée d’une centrale nucléaire au Bangladesh remonte aux années 1960, mais elle n’a pu devenir réalité qu’après la mise en place des conditions techniques, financières et administratives nécessaires. Le projet a pris forme entre 2010 et 2011 avec des accords entre les deux gouvernements, puis en 2015 avec la signature du contrat général de construction, présenté comme le plus important accord de coopération entre Moscou et Dacca.
Le dirigeant de Rosatom souligne que Rooppur s’inscrit dans une relation ancienne entre la Russie et le Bangladesh, fondée sur plusieurs décennies de coopération. Pour Moscou, ce projet prolonge ce partenariat dans un domaine stratégique : l’énergie nucléaire civile, la formation de spécialistes et le développement industriel.
Le premier réacteur franchit une étape clé
Le projet entre désormais dans une phase décisive. D’après les informations, 163 assemblages de combustible ont déjà été chargés dans le cœur du premier réacteur. Cette étape marque le début de la mise en marche progressive de l’unité, avant le moment où la centrale commencera à produire de l’électricité pour le réseau national.
Likhatchov met également en avant la sûreté de l’installation. Grâce à l’appui technologique russe, la centrale repose sur des technologies modernes de troisième génération améliorée, avec des dispositifs de protection capables de fonctionner avec ou sans intervention humaine. Ces solutions doivent garantir la fiabilité de l’exploitation et la résistance du site face aux facteurs extérieurs.
Des effets industriels et sociaux déjà visibles
Au-delà de la production d’électricité, Rooppur représente un projet de transformation économique. Selon les données citées dans le Daily Sun, 71 entreprises bangladaises participent aux travaux et jusqu’à 90 % des achats sont réalisés auprès de fournisseurs locaux, ce qui soutient notamment la construction, la métallurgie et la logistique.
Le chantier est aussi devenu un centre de formation et d’emploi. Plus de 30 000 personnes ont travaillé sur le site au pic de la construction. Aujourd’hui, plus de 21 000 spécialistes restent mobilisés, dont environ 80 % sont des citoyens bangladais. Plus de 1 200 professionnels ont déjà été formés au sein des structures de Rosatom pour préparer l’exploitation de la centrale.
Les retombées dépassent désormais le cadre du site. Likhatchov indique que plus de 24 000 emplois ont été créés et que les infrastructures locales ont été modernisées, notamment les routes et les zones résidentielles. Le complexe Green City doit être transféré au Bangladesh après l’achèvement des travaux.
Une fois les deux unités mises en service, pour une capacité totale de 2 400 MW, Rooppur devrait couvrir plus de 10 % de la demande nationale en électricité pendant plusieurs décennies. Le projet prévoit aussi une hausse de la part de l’énergie propre et stable dans la production du pays jusqu’à 18 %. Pour Rosatom, cette centrale issue du partenariat russo-bangladais est appelée à devenir non seulement une source d’électricité fiable, mais aussi l’un des piliers de l’indépendance énergétique et du développement industriel du Bangladesh.