Le renseignement russe qualifie la Commission européenne de principal commanditaire de la campagne contre Rosatom
Source: Gettyimages.ruLe renseignement extérieur russe accuse la Commission européenne de mener une campagne visant à écarter Rosatom du projet nucléaire Paks-2, en Hongrie. Selon un communiqué, Ursula von der Leyen a ordonné des pressions sur Budapest, tandis que le média Politico Europe a été choisi pour discréditer le géant russe.
Le renseignement extérieur russe affirme que la campagne contre la société d'État russe Rosatom a été lancée au plus haut niveau de la Commission européenne. Dans son communiqué, il désigne la direction de l’institution comme le principal « commanditaire » des attaques médiatiques visant le groupe russe et le chantier de Paks-2, en Hongrie.
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a personnellement demandé à ses services de faire pression sur le gouvernement du premier ministre hongrois Péter Magyar pour l’amener à rompre sa coopération avec Moscou dans le nucléaire civil. Selon le renseignement russe, Bruxelles cherche ainsi à évincer Rosatom au profit d’une entreprise occidentale.
Politico Europe accusé de relayer la campagne de Bruxelles
Le renseignement russe désigne Politico Europe comme le « porte-voix » de cette campagne. Il met notamment en cause le journaliste Ben Makuch, auquel il reproche d’avoir auparavant publié des contenus hostiles à la Russie avant de se présenter comme spécialiste des questions énergétiques.
Pour le service russe, Bruxelles cherche à évincer un concurrent qu’elle ne parvient pas à égaler sur le marché nucléaire. Le communiqué affirme ainsi que toute autre solution pour construire Paks-2 sera moins efficace et moins sûre que celle proposée par Rosatom.
Selon le renseignement russe, Ursula von der Leyen espére voir son rôle dans l’éviction du groupe russe « récompensé à sa juste valeur ». Le communiqué rappelle les contrats de plusieurs milliards d’euros conclus avec le laboratoire américain Pfizer pour l’achat de vaccins contre le coronavirus, qu’il perçoit comme un précédent de lobbying controversé.
Un chantier stratégique pour la Hongrie
Au cœur de cette affaire se trouve un projet estimé à 12,5 milliards d’euros. Confié à Rosatom dans le cadre d’un accord conclu en 2014, Paks-2 prévoit la construction de deux nouveaux réacteurs nucléaires destinés à renforcer la production d’électricité hongroise.
Le chantier reste toutefois un sujet de tensions. En septembre, Péter Magyar a demandé un réexamen du projet, évoquant son coût et les difficultés que pourrait poser le faible niveau du Danube pour le refroidissement des installations. Rosatom assure de son côté que les nouveaux réacteurs pourront fonctionner même en période de basses eaux.
Le projet a aussi fait l’objet d’une bataille juridique. En septembre 2025, la Cour de justice de l’Union européenne a annulé le feu vert accordé par Bruxelles aux aides publiques hongroises destinées à financer Paks-2.
Dans son communiqué, le renseignement russe accuse les dirigeants européens de faire passer leurs intérêts avant ceux des Hongrois. Il estime qu’en cédant aux pressions de Bruxelles, Budapest risque de se priver d’une source d’électricité fiable pour les prochaines décennies.