Gabon : après la suspension de Facebook, Meta engage des discussions avec les autorités
Au lendemain de la suspension jusqu’à nouvel ordre des réseaux sociaux du groupe Meta, la porte-parole adjointe de la présidence gabonaise, Mélodie Samba, a défendu le 18 février sur TV5 Monde une mesure «ponctuelle» destinée à préserver la cohésion sociale et à contraindre l’entreprise à engager des négociations avec les autorités.
La décision de la Haute Autorité de la communication (HAC) de suspendre les plateformes du groupe Meta au Gabon a provoqué une onde de choc à Libreville. Facebook, Instagram et WhatsApp sont inaccessibles depuis l’annonce, une mesure justifiée officiellement par la diffusion répétée de contenus jugés diffamatoires, haineux ou contraires aux valeurs nationales.
Interrogée sur TV5 Monde, Mélodie Samba a tenu à clarifier qu’il ne s’agit ni d’une coupure générale d’internet ni d’une interdiction définitive. « C’est une suspension des plateformes du groupe Meta, pas de toutes les plateformes numériques », a-t-elle insisté, évoquant une « mesure de régulation ».
Ouverture des négociations avec Meta
Selon la présidence, les autorités auraient multiplié, depuis plus d’un an, les signalements concernant des publications diffamatoires et des contenus à caractère violent ou pornographique. « Il est inconcevable qu’après de nombreuses alertes, le groupe ne fasse rien », a déclaré la porte-parole, affirmant que la suspension a finalement conduit Meta à entrer en contact avec le gouvernement pour ouvrir des négociations.
Face aux critiques dénonçant un recul démocratique et une atteinte à la liberté d’expression, la représentante de la présidence rejette toute dérive autoritaire. Elle présente la décision comme un « recadrage » visant à faire respecter les institutions, les lois et les valeurs du pays.
La mesure suscite pourtant de vives inquiétudes dans la population. Commerçants en ligne, étudiants et médias numériques redoutent un impact économique et informationnel important. Sur ce point, Mélodie Samba relativise : selon elle, les plateformes du groupe Meta ne résument pas l’ensemble de l’écosystème numérique et le commerce électronique peut continuer à fonctionner par d’autres canaux.