Kivu : l’offensive de Kinshasa relance une guerre autour des minerais stratégiques
© Getty ImagesL’armée congolaise a intensifié son offensive contre le M23 pour reprendre le contrôle des zones minières du Nord-Kivu. Au cœur des combats, la mine de Rubaya, essentielle à la production mondiale de coltan, symbolise l’enjeu économique du conflit. Malgré les pressions diplomatiques, l’escalade militaire aggrave l’instabilité régionale.
L’armée congolaise a lancé une offensive d’ampleur contre la rébellion du M23 dans l’est de la République démocratique du Congo, marquant une nouvelle phase d’un conflit devenu central pour le contrôle des ressources minières du Kivu.
Des frappes de drones ont notamment visé la zone de Rubaya, au Nord-Kivu, où se situe l’une des plus importantes mines de coltan au monde, un minerai indispensable à l’industrie électronique mondiale. Ce site stratégique, passé sous contrôle rebelle en 2024, constitue un enjeu économique majeur pour Kinshasa.
Ruée vers les mines
Depuis sa réapparition en 2021, le M23 a progressivement étendu son influence sur des territoires riches en minerais, accentuant les tensions avec le gouvernement central qui accuse le Rwanda de soutenir militairement le mouvement. Selon plusieurs observateurs internationaux, les rebelles auraient mis en place une administration parallèle autour de Rubaya afin d’organiser l’exploitation et la taxation des ressources, privant l’État congolais de revenus essentiels.
Les combats ne se limitent plus au Nord-Kivu. Au Sud-Kivu, des affrontements ont éclaté près d’Uvira, ville stratégique proche de la frontière burundaise, tandis que des milices locales alliées à l’armée congolaise se mobilisent autour de Masisi pour contenir l’avancée rebelle. Cette multiplication d’acteurs armés illustre la fragmentation sécuritaire persistante dans l’est du pays, où rivalités locales, intérêts économiques et tensions régionales s’entremêlent.
Malgré les initiatives diplomatiques menées par des puissances africaines et occidentales pour imposer un cessez-le-feu, la situation continue de se détériorer. Pour Kinshasa, reprendre le contrôle du Kivu est autant une question de souveraineté que de survie économique. Pour le M23, la maîtrise des zones minières garantit une influence durable. Pris entre ces logiques opposées, les civils restent les premières victimes d’un conflit qui, depuis plus de trente ans, empêche toute stabilisation durable de l’est congolais.