Zimbabwe : Washington regrette le rejet d’une aide sanitaire de 367 millions de dollars
© Facebook / Ministry of Mines and Mining Development, ZimbabweLes États-Unis ont exprimé, le 26 février, leur profond regret après la décision du gouvernement zimbabwéen de mettre fin aux négociations d’un accord sanitaire bilatéral estimé à 367 millions de dollars. Harare justifie son retrait par des réserves sur le partage de données sensibles et une volonté de protéger sa souveraineté.
Le gouvernement zimbabwéen a annoncé la suspension des discussions avec l'ambassade américaine concernant un Mémorandum d’entente (MoU) en matière de santé, malgré une offre de financement de 367 millions de dollars de la part des États-Unis pour les cinq prochaines années. Cette décision, rendue publique le 25 février, a suscité une réponse de Washington, qui a dit « regretter » ce choix et annoncé le démantèlement progressif de son soutien sanitaire dans le pays.
Selon les autorités américaines, ce financement devait appuyer des programmes prioritaires tels que la lutte contre le VIH/sida, qui touche plus d’un million de personnes, la tuberculose, le paludisme, la santé maternelle et infantile, ainsi que la préparation aux flambées épidémiques. L’ambassadrice des États-Unis au Zimbabwe, Pamela Tremont, a souligné que cet accord représentait le plus important investissement sanitaire potentiel dans le pays par un bailleur international, et qu’il aurait « apporté des bénéfices extraordinaires aux communautés zimbabwéennes ».
Un échange inégal pour Harare
Du côté zimbabwéen, la rupture des négociations est présentée comme une affirmation de souveraineté. Le gouvernement a critiqué les termes du MoU, estimant qu’ils impliquaient un partage prolongé de données biologiques et de ressources sanitaires sensibles sans que le Zimbabwe ne bénéficie d’un accès garanti aux innovations médicales, telles que des vaccins, des diagnostics ou des traitements, pouvant en découler. Harare a également souligné l’absence de réciprocité dans le partage des données épidémiologiques par les États-Unis avec ses autorités sanitaires.
Pour le porte-parole du gouvernement, cette asymétrie transformait l’accord en « un échange inégal » qui aurait compromis l’indépendance du pays. Dans certaines déclarations de responsables zimbabwéens, il est même évoqué que l’accord pourrait « saper et compromettre la souveraineté nationale », notamment en matière de gestion des systèmes de santé et des ressources stratégiques.
Le retrait zimbabwéen souligne les tensions croissantes autour des conditions associées à l’aide extérieure, notamment en matière de protection des données et de cadres multilatéraux versus bilatéraux. Washington, qui a signé des accords similaires avec plusieurs pays africains, affirme que ces pactes favorisent la durabilité et la co-propriété des résultats, tout en demandant aux pays partenaires d’augmenter progressivement leur propre financement.