«Braquage administratif le plus grossier de l’Histoire» : le Sénégal lance une «croisade» juridique contre la décision de la CAF
© X / YoussefRéunis à Paris, le patron de la Fédération sénégalaise de football et son équipe d’avocats ont fait part de leurs arguments devant la presse, dans le cadre du recours déposé devant le TAS contre la décision de la CAF dans un contentieux footballistique des plus sensibles.
Accompagné de plusieurs avocats lors d’une conférence de presse tenue le 26 mars dans le XVIIᵉ arrondissement de Paris, le président de la Fédération sénégalaise de football (FSF), Abdoulaye Fall, s’est insurgé « face à ce qui s’apparente à un braquage administratif parmi les plus grossiers de l’histoire de notre sport », affirmant que « le Sénégal refuse la fatalité » et dénonçant la victoire attribuée au Maroc à la Coupe d’Afrique des nations.
Le chef de la FSF a déclaré que son organisme allait mener la bataille par la voie juridique afin de conserver le deuxième titre continental du Sénégal. « Notre combat dépasse aujourd’hui le simple rectangle vert et la justice sportive, il s’agit de défendre l’honneur de nos joueurs », a-t-il assuré, indiquant avoir « mandaté une équipe de professionnels aguerris ».
Une équipe juridique aguerrie
Dans son intervention, Abdoulaye Fall a dénoncé « un chantage diplomatique inacceptable », indiquant que la fédération allait désormais porter « cette bataille devant le TAS (Tribunal arbitral du sport, ndlr) ». « Pour mener cette croisade, nous avons mandaté une équipe juridique aguerrie », a-t-il ajouté.
La FSF a présenté une équipe de six avocats chargés de défendre la position sénégalaise devant le TAS à Lausanne, en Suisse.
Pour l’avocat de la FSF, Me Juan de Dios Crespo-Pérez, l’enjeu dépasse le seul cadre de la CAN : « Ce n’est pas seulement la dignité du football africain, mais celle de tout le football qui sera jugée devant le TAS », a-t-il estimé, affirmant que l’équipe sénégalaise a « 100 % le droit » de conserver son titre.
Possibilité d’un traitement rapide du litige
Selon l’avocat de la FSF, Serge Vittoz, une procédure devant le TAS peut durer de neuf à douze mois, mais le dossier pourrait être examiné plus rapidement si la CAF et la Fédération royale marocaine de football acceptent une procédure accélérée.
« L’idée est de demander une procédure accélérée. Mais pour qu’elle soit mise en place, il faut que tout le monde soit d’accord », a-t-il précisé, ajoutant que « s’il y a procédure accélérée, on pourrait imaginer une décision dans les deux mois ».