Flambée des prix des carburants : «L’État se comporte comme un profiteur de crise», estime Marine Le Pen

Flambée des prix des carburants : «L’État se comporte comme un profiteur de crise», estime Marine Le Pen© Wiki commons
Une station-service à Antony, en région parisienne. [Photo d’illustration]
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Les prix à la pompe continuent leur ascension inexorable sous l’effet de la guerre au Moyen-Orient et du blocage du détroit d’Ormuz. Le diesel dépasse 2,10 euros le litre et l’essence frôle les 2 euros, ravivant le spectre des Gilets jaunes de 2018, quand le gazole approchait les 1,50 euro. L’exécutif refuse pour l’instant toute baisse de taxes.

La hausse des carburants s’accélère en France, alimentée par la flambée des cours du pétrole brut. Le conflit au Moyen-Orient et la paralysie du détroit d’Ormuz, par lequel transite 20 % du pétrole mondial, font bondir le baril de Brent. En quelques semaines, le diesel a franchi la barre des 2,10 euros le litre en moyenne (+ 40 centimes depuis le début des hostilités), tandis que le SP95-E10 s’approche des 1,95 à 2 euros selon les stations.

Cette progression inquiète des millions d’automobilistes, particulièrement dans les zones rurales et périurbaines où la voiture reste indispensable. Les trois quarts des Français utilisent leur véhicule pour se rendre au travail, et près de 45 % n’ont aucune alternative.

Le souvenir douloureux des Gilets jaunes

Cette situation rappelle le mouvement des Gilets jaunes, déclenché fin 2018 par la hausse des taxes sur les carburants. À l’époque, le litre de diesel atteignait environ 1,50 euro, déjà perçu comme insupportable par de nombreux ménages modestes. Aujourd’hui, avec des prix nettement plus élevés et des taxes qui représentent toujours autour de 60 % du coût final, la colère gronde à nouveau.

Interrogée sur le prix du carburant, la présidente du groupe RN à l'Assemblée, Marine Le Pen, accuse l’exécutif macroniste de tirer profit de la situation : « L'État se comporte comme un profiteur de crise. »

Certains estiment que le retour d’un tel mouvement social profiterait au président, qui pourrait se remettre au centre du jeu, lui dont la voix porte peu à l’international.

Le gouvernement, par la voix de la ministre déléguée à l’Énergie Maud Bregeon, exclut encore une fois toute baisse des taxes, invoquant des contraintes budgétaires. « Le scénario d’une baisse des taxes n’est pas envisagé », a-t-elle affirmé, tout en évoquant de possibles aides ciblées pour certains secteurs.

TotalEnergies a certes plafonné temporairement ses prix à 1,99 euro pour l’essence et 2,09 euros pour le diesel, mais cette mesure reste volontaire et limitée dans le temps.

Certains automobilistes frontaliers se tournent déjà vers l’Italie ou l’Espagne, où des mesures de plafonnement ou de baisse de TVA ont été prises, permettant des économies de 20 à 40 centimes par litre. D’autres envisagent l’installation de kits E85, dont la demande a explosé ces dernières semaines. La fiscalité reste le principal levier : la TICPE et la TVA pèsent lourdement, et l’État profite mécaniquement de la hausse des prix.

Face à cette « inexorable » montée, les appels à encadrer les marges des distributeurs ou à taxer davantage les superprofits des majors pétrolières se multiplient, sans réponse concrète pour l’instant du côté de l’exécutif.

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