Ebola en RDC : l’épidémie s’étend en Afrique, mais le risque mondial reste faible

Ebola en RDC : l’épidémie s’étend en Afrique, mais le risque mondial reste faible© Michel Lunanga Source: Gettyimages.ru
Un agent de santé désinfecte une chambre à l’hôpital de Mongbwalu, dans la province de l’Ituri. [Photo d’illustration]
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Le chef de l’OMS a déclaré une urgence de santé publique de portée internationale en Ouganda et en RDC sans convoquer de comité d’urgence, alors que l’épidémie prend une ampleur exceptionnelle à l’échelle nationale et régionale. Des vaccins sont en cours de développement, mais leur déploiement pourrait nécessiter jusqu’à neuf mois.

Pour faire face à la 17ᵉ flambée du virus Ebola touchant la République démocratique du Congo (RDC) depuis 1976, le chef de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, est devenu le premier directeur général de l’institution onusienne à déclarer une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI) liée à une épidémie d’Ebola en Ouganda et en RDC sans convoquer de comité d’urgence.

Dans cette région africaine de plus de 100 millions d’habitants, les foyers de la maladie se situent dans les provinces orientales de la RDC, des zones difficilement accessibles par voie routière et ravagées par les violences de groupes armés, qui provoquent le déplacement de millions de personnes et favorisent la propagation du virus.

L’OMS a fait état de 139 morts et de 600 cas suspects depuis le 15 mai, date de la déclaration officielle de l’épidémie. « Cinquante et un cas ont été confirmés dans le nord de la RDC, dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu, y compris dans les villes de Bunia et Goma », a précisé Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Le directeur général de l’OMS a alerté sur plusieurs facteurs « particulièrement préoccupants quant au risque d’une nouvelle propagation et de nouveaux décès ». Il a également averti qu’une aggravation du bilan restait probable « compte tenu du temps pendant lequel le virus a circulé avant que la flambée ait été détectée ».

Aucune urgence pandémique pour l’heure

Tedros Adhanom Ghebreyesus a indiqué que, selon l’OMS, l’épidémie représente un « risque élevé au niveau national et régional ». Il a toutefois souligné que le risque de propagation mondiale demeurait faible et que la situation « ne répond pas » aux critères d’une urgence pandémique.

À Bunia, épicentre de la crise sanitaire, Florent Uzzeni, responsable adjoint des urgences pour Médecins sans frontières Suisse, a décrit une situation « exceptionnelle par son ampleur ».

« On n’en est qu’au tout début et le nombre de patients infectés et suspects est déjà démentiel », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Jusqu’où cette épidémie va-t-elle s’étendre ? Combien de temps va-t-elle durer ? Personne ne peut le dire, mais on est très, très inquiets, car elle est massive. »

Des vaccins encore en développement

Selon le Dr Vasee Moorthy, conseiller de l’OMS, deux vaccins potentiels contre la souche Bundibugyo sont actuellement en développement, mais aucun n’a encore été testé cliniquement. L’organisation estime que la mise au point d’un vaccin opérationnel contre ce variant pourrait nécessiter jusqu’à neuf mois.

Le directeur du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), Jean Kaseya, a pour sa part indiqué que trois vaccins étaient en préparation pour répondre à cette flambée épidémique.

Selon la presse congolaise, les solutions envisagées incluent un vaccin à ARN messager, le vaccin ChAdOx développé par l’université d’Oxford ainsi que le vaccin expérimental VSV-BDBV.

Des moyens déployés sur le terrain

L’OMS a déjà envoyé des équipes sur place afin de soutenir les autorités congolaises dans leurs efforts pour contenir l’épidémie. L’organisation a également fourni du personnel médical, des équipements, des fournitures et des financements.

Une enveloppe supplémentaire de 3,4 millions de dollars issue du Fonds de réserve pour les situations d’urgence a été débloquée, portant à 3,9 millions de dollars les fonds mobilisés par l’OMS pour soutenir la riposte.

Le ministère congolais de la Santé prévoit de créer au moins trois centres de traitement d’Ebola dans les prochaines semaines à Bunia, Rwampara et Mongbwalu. Chaque structure devrait disposer d’environ 80 lits.

Des unités de traitement décentralisées capables de prendre en charge une dizaine de patients pourraient ensuite compléter ce dispositif.

Les zones touchées souffrent toutefois d’un manque important d’infrastructures de dépistage. Le laboratoire de référence de Bunia n’est notamment pas équipé pour faire face à une crise d’une telle ampleur et ne dispose pas des tests nécessaires pour identifier spécifiquement la souche Bundibugyo.

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