Crise de la dette : ce ne sont pas les gouvernements qui dépensent, mais «les Français», déclare Bayrou

Au cours d’un exercice télévisuel d’une heure et demi, ce 31 août, à un peu plus d’une semaine d’un vote de confiance déterminant pour son destin politique, le Premier ministre français s’est défendu de toute responsabilité dans l’endettement du pays.
« Votre formule laisse entendre que c’est les gouvernements qui dépensent l’argent. Ce n’est pas vrai […], ce sont les Français ». Devant Marc Fauvelle (BFM TV), Sonia Mabrouk (CNews), Myriam Encaoua (Franceinfo) et Darius Rochebin (LCI), François Bayrou s’est défendu ce 31 août au soir de toute responsabilité quant à l’état des finances publiques de la France.
Une « part de responsabilité » sur laquelle les journalistes se sont montrés insistants en début d’interview, alors que François Bayrou entend soumettre au Parlement un projet de budget à travers lequel il compte réaliser près de 44 milliards d’euros d’« économies ».
David Rochebin l’interrogeait notamment sur l’augmentation de 6,7 % de la masse salariale de l’État, la portant à 107 milliards d’euros en 2024. « Ce n’est pas une association de boulistes, c’est la 7e puissance économique du monde ! », a insisté le journaliste.
Des augmentations qui, selon François Bayrou, « s’expliquent simplement » par les « années d’inflations », renvoyant au « Covid et puis la guerre en Ukraine, l’explosion des couts de l’énergie… ». « Les crises n'expliquent pas tout, Monsieur le Premier ministre », finit par l'interrompre Myriam Encaoua.
Dette : plus de 1 000 milliards supplémentaires sous la présidence Macron
« Tous les opposants sans exception exigeaient qu’on fasse plus ! », s’est défendu Bayrou. « Vous hochez la tête parce que vous les avez vus », a-t-il poursuivi en prenant à témoin ses intervieweurs.
« Je n’étais pas à l’Assemblée nationale depuis 15 ans », répliquera-t-il encore au cours d’une longue séquence, où Sonia Mabrouk est revenue à la charge soulignant auprès de François Bayrou que les députés de son parti – le Modem – « ont voté tous les budgets déficitaires depuis 2017 ».
La journaliste l’a également interpellé sur son « rôle actif » dans l’arrivée au pouvoir – et pour avoir « accompagné » depuis – d’« un président de la République qui a aujourd’hui précipité la dette : 1 300 milliards depuis sept ans ».
Cette interview survient alors que François Bayrou a engagé sa responsabilité et celle de son gouvernement le 8 septembre, à l’occasion d’un vote de confiance à l’Assemblée nationale qu’il a lui-même sollicité. Un épisode sur lequel il s’est également montré évasif face aux journalistes lorsque ceux-ci l’ont interrogé sur son sort à l’issue de ce vote.
Un vote où, a-t-il estimé, la « question » en jeu n'est pas « le destin du Premier ministre », mais celle du « destin de la France ».