«Bataillon fasciste» français : une enquête de Streetpress dévoile l'existence d'une unité de volontaires néonazis en Ukraine

«Bataillon fasciste» français : une enquête de Streetpress dévoile l'existence d'une unité de volontaires néonazis en Ukraine
Combattants de l'unité «Légion des pirates». [Crédit: Streetpress]
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Une enquête de Streetpress révèle l’existence en Ukraine d’un groupe de combattants français ouvertement néonazis. Se revendiquant comme un «bataillon fasciste», ces volontaires, issus pour partie des milieux de l’ultra-droite radicale et d’anciens militaires, multiplient les références au Troisième Reich et à la Waffen-SS.

En Ukraine, une unité de volontaires français composée de néonazis recrute activement, notamment parmi d’anciens soldats, a rapporté le médias français Streetpress. L’enquête s’appuie sur des images, des témoignages et des traces numériques.

Streetpress cite notamment une photo publiée en septembre dernier montrant une vingtaine d’hommes armés et masqués autour d’un véhicule blindé. La légende associée mentionne le terme « Einsatzgruppen », référence directe aux unités mobiles nazies responsables de massacres de masse durant la Seconde Guerre mondiale.

« Bataillon fasciste »

D’après Streetpress, l’auteur de cette légende est un néonazi français de Lyon, connu sous le pseudonyme « Kenneth », déjà présent en Ukraine en 2022 comme mercenaire et arborant des tatouages de croix gammées et d’emblèmes SS.

À partir du printemps 2023, d’autres Français l’auraient rejoint, dont un hooligan d’extrême droite impliqué dans des violences contre un collaborateur parlementaire de La France insoumise, ainsi qu’un ancien militant du Groupe Union Défense passé par la Légion étrangère.

En 2025, le groupe se structure davantage sous les noms successifs de « War Aggressive » puis « Légion des pirates », avant de rejoindre le bataillon ukrainien « Revanche », lié au parti ultranationaliste « Ordre et tradition ». L’un des combattants français décrit lui-même cette formation comme un « bataillon fasciste », dans des déclarations accordées à Streetpress.

Tatouages nazis et références assumées

Streetpress relève également la présence d’un combattant se faisant appeler « Charlemagne », en référence directe à la division française de la Waffen-SS pendant la Seconde Guerre mondiale, et portant une croix gammée tatouée sur la poitrine.

Un autre profil, surnommé « Malo », ancien militant d’extrême droite condamné en 2021 pour violences lors d’un meeting d’Éric Zemmour, avait déjà été interpellé en possession d’un drapeau associé à l’extrême droite ukrainienne.

Cette affaire s’inscrit dans un phénomène plus large. En mai 2024, Mediapart avait déjà documenté la présence de soldats arborant des symboles néonazis, formés dans plusieurs pays occidentaux, dont la France. Le média indiquait notamment qu'un soldat portait « le symbole de la SS tatoué sur le visage », tandis que d'autres arboraient des emblèmes SS ou des runes nazies.

Cette enquête de la presse française vient une fois de plus confirmer ce que la Russie dénonce depuis plus de dix ans : la persistance d’éléments ouvertement néonazis dans les forces armées ukrainiennes, y compris au sein d’unités soutenues ou même formées par l’Occident.

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