ZFE : l’exécutif joue sa dernière carte avec un risque de résurgence des Gilets Jaunes

ZFE : l’exécutif joue sa dernière carte avec un risque de résurgence des Gilets Jaunes© Compte X @ici_officiel
Une signalisation de ZFE.
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Le gouvernement tente ce 14 avril, lors du vote final sur la loi de simplification économique, une manœuvre de dernière minute pour sauver les zones à faibles émissions (ZFE). En proposant de laisser le choix aux collectivités locales, l’exécutif espère contourner la suppression déjà votée par le Parlement.

C’est ce 14 avril, à l’Assemblée nationale, que se joue l’épilogue d’un feuilleton parlementaire qui dure depuis juin 2025. Après le vote clair des députés et sénateurs en faveur de la suppression totale des ZFE, le gouvernement, par un amendement surprise, veut déléguer aux maires et présidents d’intercommunalité la responsabilité d’instaurer ou non ces zones et leurs restrictions de circulation.

Une façon de se défausser tout en maintenant une mesure jugée punitive par des millions de Français.

« La goutte de sans-plomb qui fait déborder le réservoir »

Les opposants ne décolèrent pas. La Ligue de défense des conducteurs, qui a recueilli près de 100 000 signatures en deux semaines sur sa pétition « Supprimez les ZFE ! », dénonce une stratégie déjà vue avec les 80 km/h ou les radars urbains : « Cette manœuvre permet à l’État de se défausser sur les territoires tout en maintenant des mesures impopulaires ».

L’association 40 millions d’automobilistes renchérit : les ZFE frappent « d’abord les ménages modestes, ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter un véhicule neuf et dépendent pourtant de leur voiture au quotidien ». Son président, Philippe Nozière, juge « incompréhensible » de relancer le débat. Le 13 avril sur Sud Radio il a affirmé : « C'est une déclaration de guerre aux automobiles ».

Le maire de Saint-Brès (Hérault) et cofondateur du mouvement Les Gueux, Laurent Jaoul, est encore plus direct : le gouvernement « piétine la voix du peuple ». Sur les réseaux sociaux, les réactions fusent. Le maire de Yerres Nicolas Dupont-Aignan a tweeté : « Le Gouvernement tente désespérément de sauver les ZFE alors que l’Assemblée nationale a clairement voté contre. Jusqu’à la fin, la Macronie incarnera le mépris du peuple ».

Pour beaucoup d’automobilistes, l’argument économique est ici central tandis que le pouvoir d’achat des français est en berne. Alors que le prix de l’essence et du diesel flambe, interdire aux véhicules Crit’Air 3, 4 ou 5 l’accès aux centres-villes revient, pour beaucoup, à une exclusion sociale pure et simple. Pierre Chasseray, de 40 millions d’automobilistes, promet « des lendemains qui déchantent » si l’exécutif s’obstine. La goutte de trop, selon lui, qui pourrait bien rallumer la mèche d’un mouvement populaire comme celui des Gilets jaunes en 2018.

À quelques heures du vote, la fébrilité règne au sein de la majorité. L’amendement de compromis vise à éviter le rejet pur et simple du texte de simplification économique, mais rien n’est acquis et l’exécutif joue gros à un an de la présidentielle.

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