Patrick Bruel accusé : Rousseau, Le Pen, Bergé… les politiques s’en mêlent

Patrick Bruel accusé : Rousseau, Le Pen, Bergé… les politiques s’en mêlent© Getty Images Source: Gettyimages.ru
Patrick Bruel à un festival de jazz en juillet 2024
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Tandis que Patrick Bruel, visé par de multiples plaintes pour violences sexuelles, maintient sa tournée, le débat enfle. De Sandrine Rousseau à Marine Le Pen, en passant par Aurore Bergé, les réactions politiques divisent sur la place de l’artiste et l’État de droit.

Le chanteur de 67 ans se retrouve au cœur d’une affaire qui dépasse largement le cadre judiciaire. Au moins neuf plaintes ont été déposées en France, en Belgique et au Canada, dont celle de Flavie Flament pour un viol présumé en 1991. A cela s’ajoute au moins 15 témoignages à charge.

Patrick Bruel conteste fermement tous les faits : « Jamais je n’ai forcé une femme. Jamais je n’ai drogué, manipulé ou cherché à soumettre qui que ce soit », a-t-il écrit sur Instagram. Il bénéficie de la présomption d’innocence et continue de jouer au théâtre Édouard VII tout en préparant sa tournée du 16 juin.

Polémique politique et deux poids, deux mesures

Sandrine Rousseau a réclamé l’annulation pure et simple des concerts, invoquant la « mise en danger » des femmes travaillant avec l’artiste. « Il y a des techniciennes, des personnes qui gèrent les lumières, le son, ainsi que sa loge », a-t-elle déclaré sur France Inter, estimant que la protection contre les risques psychosociaux prime sur la présomption d’innocence dans le droit du travail. Des maires comme Emmanuel Grégoire ou Benoît Payan ont également appelé à une mise en retrait temporaire.

La présidente du groupe Insoumis à l’Assemblée Mathilde Panot a abondé dans ce sens : « la question de l'annulation de ses concerts doit être posée ».

À l’opposé, Marine Le Pen a défendu fermement le principe : « On ne peut pas [...] rompre avec l’État de droit. Il y a un principe fondamental : la présomption d’innocence ».

Sur BFMTV, elle ajoutait avec ironie : « Moi, je n’irais pas. [...] J’ai encore le droit de ne pas aimer Monsieur Bruel ? » Elle y voit une « mort professionnelle et sociale » avant tout jugement pour un artiste qui a toujours été très critique du Rassemblement national.

La ministre Aurore Bergé a, elle, insisté sur l’équilibre : « Il faut respecter la parole des victimes et la présomption d’innocence. C’est l’État de droit ». Elle laisse à Bruel la décision de poursuivre ou non sa carrière.

La présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet a également pris la défense de la présomption d’innocence en prenant un peu ses distance avec le chanteur.

Cette affaire ravive les critiques sur une impunité perçue. Contrairement à Dieudonné, interdit de scène pour des délits d’opinion sans agression physique, Patrick Bruel continue ses représentations malgré les accusations graves.

En toile de fonds de l’affaire Bruel se joue une opposition aux échos très internationaux avec d’un côté des personnalités soutiens d’Israël qui défendent la présomption d’innocence du chanteur et de l’autre des personnalités de gauche plus critique de l’État hébreux qui condamne plus fermement l’artiste, grand soutien de Tel Aviv. 

Entre appels à la décence, pétitions féministes et défense de « l’État de droit » et importation d’un conflit étranger, l’affaire Bruel révèle les fractures d’une société où justice, culture, politique et questions internationales s’entrechoquent.

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