Lycées : après l’acte III, Lecornu sous pression, Nuñez suspend l’usage des grenades
© Firas Abdullah/Anadolu Source: Gettyimages.ruAu lendemain d’une mobilisation en progression, le gouvernement tente d’apaiser la colère lycéenne. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, suspend l’usage des grenades assourdissantes et 18 enquêtes de l’IGPN sont ouvertes. Des ministres sont auditionnés à l’Assemblée nationale et le Premier ministre, Sébastien Lecornu, s’exprime ce soir.
Quel avenir pour le mouvement ? Au lendemain de l’acte III du mouvement lycéen du 6 octobre, le pouvoir exécutif multiplie les gestes face à un bilan sécuritaire très lourd et à une contestation qui ne s’essouffle pas.
Mardi 6 octobre, 256 000 personnes selon la police, 450 000 selon les organisateurs, ont défilé dans toute la France. Le ministère de l’Intérieur a recensé 488 interpellations et 43 membres des forces de l’ordre blessés. Depuis le début du mouvement mi-septembre, le bilan atteint 215 élèves blessés, 715 policiers ou gendarmes, 85 personnels de l’Éducation nationale et 24 bâtiments saccagés ou incendiés. Un adolescent de 15 ans a notamment perdu une main à Lens, probablement à cause d’une grenade assourdissante.
Le matin du 7 octobre, sur RTL, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé avoir « suspendu » provisoirement l’usage de ces munitions « uniquement pour les manifestations lycéennes », « tant que la lumière n’a pas été faite » sur l’affaire de Lens.
Grenade assourdissante : "Je suspends son usage pour le mouvement des lycéens tant que la lumière n'aura pas été faite sur ce qui s'est passé dans cette affaire" Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur, face à @FogielMarcO dans #RTLMatin https://t.co/KfUDdsTUut
— RTL France (@RTLFrance) October 7, 2026
Il a également indiqué que 18 enquêtes de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) étaient désormais ouvertes.
Nuñez et le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, sont auditionnés ce mercredi à l’Assemblée nationale, respectivement sur la gestion de l’ordre public et le blocage des lycées. Le président Emmanuel Macron a demandé la veille « d’être dans l’empathie », tout en demandant que l’ordre soit maintenu de manière proportionnée.
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, qui avait déjà promis un « temps de démocratie interne » en fin de semaine et des corrections sur Parcoursup, s’exprimera ce soir depuis Matignon sur les lycées, les carburants, la crise agricole et la dette. À l’Assemblée le 6 octobre, il s’en était pris une nouvelle fois à La France insoumise, sous les applaudissements de la droite et du centre.
Sébastien #Lecornu s'est exprimé devant l'Assemblée nationale après des jours de mobilisation lycéenne. Il a annoncé une suspension des cours en fin de semaine pour "un temps de démocratie interne" https://t.co/LRKEHHGRdr
— FRANCE 24 Français (@France24_fr) October 6, 2026
Les organisations lycéennes et étudiantes appellent à poursuivre les blocages et à un acte IV jeudi 8 octobre. Le principal syndicat de chefs d’établissement refuse pour l’heure la journée banalisée, estimant qu’il faut des moyens concrets plutôt que de simples temps d’échange.
La suite du mouvement dépendra des réponses précises que le chef du gouvernement apportera et de la capacité du gouvernement à faire baisser la tension tout en répondant aux revendications sur les moyens, les emplois du temps et le bâti scolaire. L’exécutif pourrait aussi jouer la montre puisque le mouvement prendra naturellement fin au moment des vacances de la Toussaint le 16 octobre.
