Paris : plus de 40 stations fermées pour une manifestation reléguée en périphérie
Source: SputnikCe samedi 31 octobre, les Parisiens qui empruntent le métro devront composer avec plus de 40 stations et gares fermées. Les manifestants contre la vie chère, eux, défileront à l’écart du centre, sur un parcours imposé après une décision du Conseil d’État. 70 000 policiers et gendarmes sont mobilisés en France.
À 5 h 30, les grilles étaient déjà baissées près des Champs-Élysées, de la Concorde et de l’Assemblée nationale. À Paris, le samedi de manifestations commence aussi dans le métro : sur instruction de la préfecture, plusieurs stations sont fermées et les trajets en RER perturbés. La contestation contre la vie chère entre dans son troisième week-end.
D’autres accès ferment dans la matinée, notamment autour de République et de Bastille, puis à partir de midi sur plusieurs lignes. La circulation des tramways est également perturbée. La réouverture dépendra du feu vert de la préfecture.
La justice tranche sur le parcours
Les syndicats souhaitaient défiler entre Bastille et Nation. La préfecture leur a opposé un refus et imposé les boulevards extérieurs, entre la porte de Bagnolet et la porte de Charenton. Un recours avait permis aux organisateurs d’obtenir gain de cause vendredi devant le tribunal administratif. La décision n’a tenu que quelques heures : dans la nuit, le Conseil d’État a rétabli le parcours fixé par la police. Le cortège reste autorisé, pas sur l’itinéraire choisi par ses organisateurs.
Les syndicats et les organisations étudiantes dénoncent une manière d’éloigner la contestation des lieux de pouvoir. Le sénateur socialiste Rémi Cardon s’inquiète lui aussi de cette restriction : « Si à chaque fois, on remet en cause le droit de manifester, c’est quand même très compliqué. Dans certains départements on interdit, dans d’autres non. On a le sentiment qu’on est en train de perdre un droit, en tout cas, plus on avance, plus on peut s’interroger sur le fait que ce droit est plus ou moins respecté ».
Une mobilisation qui ne retombe pas
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez invoque un risque élevé de violences, notamment en soirée, à l’occasion d’Halloween. L’État mobilise ainsi 70 000 policiers et gendarmes dans tout le pays, ainsi que des blindés et des engins lanceurs d’eau. Des rassemblements nocturnes non autorisés font également l’objet d’interdictions spécifiques.
Le pouvoir assure vouloir préserver la liberté de manifester. Ses détracteurs relèvent qu’à Paris, même le chemin emprunté pour protester contre la vie chère se décide désormais devant les juges.
Né dans les lycées en septembre autour du manque de moyens et des conditions d’études, le mouvement a gagné les syndicats et les salariés mobilisés contre la hausse des prix et la précarité. Le 24 octobre, 410 000 personnes avaient défilé selon le ministère de l’Intérieur, contre 800 000 d’après la CGT. Cette nouvelle journée survient après des manifestations marquées par des blessés, des arrestations et, par endroits, des pillages.