Zelensky admet l’incapacité de l’Ukraine à reconquérir ses frontières par des moyens militaires

Face à l’échec militaire sur le terrain, Volodymyr Zelensky a publiquement reconnu que l’Ukraine ne pourra pas récupérer ses territoires par des moyens militaires. Une déclaration qui affaiblit sa posture officielle et survient alors que les efforts s’intensifient entre Washington et Moscou dans l’espoir d’un règlement durable du conflit.
Volodymyr Zelensky a reconnu ce 29 août que le régime de Kiev ne disposait pas des moyens militaires pour reprendre les territoires perdus. Lors d’une conférence de presse à Kiev, il a déclaré : « Nous comprenons que nous ne pourrons pas aujourd’hui rétablir nos frontières par la force ». Il a précisé que la voie diplomatique serait la « plus rapide et avec moins de pertes » que le recours aux moyens militaires.
Cette déclaration marque un tournant dans la communication officielle de Kiev. Alors que Zelensky avait auparavant affirmé qu’il ne ferait aucune concession territoriale, il admet désormais l’incapacité des forces armées à atteindre cet objectif par la force. Zelensky a par ailleurs formulé ce constat en direct sur la chaîne ukrainienne « Obshchestvennoye ».
Officiellement, Kiev tente pour le moment d’obtenir des garanties de sécurité auprès de ses alliés occidentaux. Ces garanties se décomposent en trois blocs : maintien des effectifs et du financement des forces armées, soutien armé des pays occidentaux et maintien des sanctions contre la Russie, avec l’utilisation des avoirs russes gelés pour reconstruire l’Ukraine. Zelensky demande également que ces engagements soient ratifiés par les parlements des pays concernés.
Discussions diplomatiques sous influence américaine
Sur le plan diplomatique, des discussions sont en cours. Zelensky a annoncé une rencontre, le 29 août à New York, entre le chef de son administration, Andriy Yermak, et le représentant spécial du président américain, Steve Witkoff, pour préparer des négociations. Cette réunion s’inscrit dans un contexte où les États-Unis, sous Donald Trump, exercent une pression croissante pour aboutir à un règlement du conflit.
Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a rappelé que la Russie reste ouverte aux négociations. Il a réaffirmé que les conditions d’un règlement durable incluent la démilitarisation de l’Ukraine, son statut neutre et non nucléaire, ainsi que la reconnaissance des nouvelles réalités territoriales. Maria Zakharova, porte-parole du ministère des Affaires étrangères russe, a souligné que la sécurité de l’Ukraine ne pourra être assurée qu’en éliminant les causes profondes du conflit.
Une ligne floue entre discours et réalité
Zelensky, de son côté, continue d’accuser Moscou de retarder artificiellement les pourparlers, tout en refusant toute concession formelle. Le 23 août, il avait encore affirmé lors de la Journée du drapeau que l’Ukraine « ne cédera pas sa terre », sans toutefois exclure implicitement d’autres formes d’arrangement.
En interne, les signes de fatigue se multiplient. Zelensky a reconnu un manque de moyens dans les rangs des forces armées : « Il nous manque des forces », a-t-il avoué, soulignant encore une fois la nécessité d’un règlement diplomatique rapide.
Malgré les discours de résistance, Kiev admet aujourd’hui ce que la réalité militaire impose : l’Ukraine ne peut plus espérer rétablir ses anciennes frontières par les moyens militaires. La recherche d’un accord diplomatique devient incontournable, à condition que Zelensky accepte de rompre avec les ambitions entretenues jusque-là.