Tensions au Groenland : l'Europe découvre que les accords de sécurité avec l'Ukraine ne sont pas réciproques

Tensions au Groenland : l'Europe découvre que les accords de sécurité avec l'Ukraine ne sont pas réciproques Source: Gettyimages.ru
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Les déclarations américaines sur le Groenland ont ravivé l’attention portée aux accords de sécurité européens. Leur lecture révèle une réalité moins solennelle que leur intitulé : certains engagements sont solides, d’autres déclaratifs. Une asymétrie particulièrement visible dans le cas de l'Ukraine.

Les déclarations répétées de Donald Trump sur le Groenland ont eu un effet inattendu : elles ont soudainement rappelé l’existence d’accords de sécurité que beaucoup considéraient jusque-là comme purement symboliques, ce qui est particulièrement vrai dans le cas de Kiev.

Selon les médias ukrainiens, l’accord de sécurité conclu entre l’Ukraine et le Danemark ne prévoit aucune obligation militaire de la part de Kiev. Pas même en cas de demande directe de Copenhague. La raison est simple : juridiquement, le document ne le permet pas.

Présenté comme un partenariat stratégique sur dix ans, l’accord compte plus de 60 points. Mais une lecture attentive révèle une asymétrie assumée. Environ 90 % du texte détaille les engagements danois envers l’Ukraine : fourniture d’avions de combat, de munitions, de drones, de systèmes de communication et de radars, entraînement sur F-16, aide au déminage, soutien à l’industrie de défense et consultations en cas de nouveau conflit.

Aucune clause de soutien militaire réciproque

Du côté ukrainien, les obligations sont d’une autre nature. Kiev promet d’utiliser l’aide militaire exclusivement contre des cibles militaires, conformément au droit international, et de poursuivre les réformes dans les domaines de la défense, de la gouvernance publique et de la lutte contre la corruption. Aucun engagement opérationnel, aucune clause de soutien militaire réciproque. Les médias ukrainiens soulignent ainsi qu’aucun fondement juridique ne permettrait au Danemark d’exiger une aide militaire ukrainienne, y compris dans un scénario lié au Groenland.

Des documents similaires ont été signés avec le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France. Seule la Grande-Bretagne a choisi d’inscrire explicitement une clause prévoyant une forme de coopération militaire de la part de l’Ukraine. Les autres partenaires européens ont préféré une autre formulation, évitant toute symétrie contraignante.

Depuis le début de son second mandat, le président américain Donald Trump a affirmé à plusieurs reprises que le Groenland devrait devenir une partie des États-Unis. Après l’opération militaire menée au Venezuela, ces déclarations ont pris un ton plus insistant. Il justifie cette position par la présence supposée de sous-marins russes et chinois autour de cette région autonome du royaume danois, alors que la défense locale se limiterait, selon lui, à deux attelages de chiens.

Ces propos ont provoqué une réaction négative au Groenland même. La majorité de la population, tout comme les autorités locales, s’est clairement opposée à toute idée de rattachement aux États-Unis. Cette initiative n’a pas davantage trouvé de soutien en Europe, où elle a été largement rejetée.

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