La Belgique cherche des cellules en Estonie pour désengorger ses prisons
Source: Gettyimages.ruConfrontée à une surpopulation de ses prisons, la Belgique étudie une solution inédite : louer des places carcérales à l’étranger. Selon Le Soir, une mission ministérielle se rend en Estonie pour évaluer la faisabilité d’une coopération ciblant des détenus en séjour irrégulier.
Face à la saturation persistante de ses établissements pénitentiaires, la Belgique explore une option jusqu’ici marginale : l’incarcération de certains détenus à l’étranger. Comme le rapporte Le Soir, le gouvernement étudie actuellement la possibilité de louer des places de prison en Estonie, en particulier pour y transférer des personnes condamnées ne disposant pas d’un droit de séjour sur le territoire belge.
Dans ce cadre, la ministre de la Justice Annelies Verlinden et la ministre de l’Asile et de la Migration Anneleen Van Bossuyt ont effectué le 2 février une « mission exploratoire » de deux jours en Estonie, après des démarches similaires déjà menées au Kosovo et en Albanie.
Selon la ministre de la Justice, citée par le journal, permettre à des personnes condamnées en Belgique, mais en séjour irrégulier, d’exécuter leur peine hors du pays répondrait à un double objectif. D’une part, il s’agirait d’assurer une application effective des décisions judiciaires ; d’autre part, cette solution offrirait un soulagement tangible aux infrastructures pénitentiaires nationales. Les moyens ainsi dégagés pourraient être réorientés vers un meilleur accompagnement des détenus appelés à se réinsérer à l’issue de leur peine.
La faisabilité d’un tel dispositif reposerait sur une sélection rigoureuse des partenaires. L’Estonie apparaît à ce titre comme un interlocuteur crédible : le Cedoca, le bureau d’études du Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides, y voit un cadre institutionnel stable et conforme aux standards en matière de droits humains. Parallèlement, les scénarios impliquant le Kosovo et l’Albanie continuent d’être analysés d’un point de vue opérationnel.
Pour la ministre de l’Asile et de la Migration, le message politique se veut sans ambiguïté : une personne en séjour illégal qui commet des infractions pénales n’a pas vocation à rester en Belgique. Le retour vers le pays d’origine reste la solution privilégiée, mais lorsque celui-ci s’avère impossible, la détention à l’étranger est envisagée comme alternative.