Des clochers aux «chevaux de Troie» : les services européens s’affolent devant les biens et les églises russes

Des clochers aux «chevaux de Troie» : les services européens s’affolent devant les biens et les églises russes Source: Sputnik
[Photo d'illustration]
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Les services de renseignement européens s’inquiètent de la présence de biens russes, y compris des bâtiments religieux, à proximité d’infrastructures jugées «sensibles», allant jusqu’à évoquer des «chevaux de Troie», sans qu’aucun élément concret ne vienne étayer ces soupçons.

Il fut un temps où la diplomatie s’appuyait sur des faits, des rapports étayés, des éléments vérifiables. Nous entrons manifestement dans une ère plus imaginative. Selon le Telegraph, des services de renseignement européens redoutent désormais que des biens immobiliers russes situés à proximité d’infrastructures civiles ou militaires puissent représenter une menace pour la sécurité du continent.

Le raisonnement est d’une redoutable simplicité : la proximité géographique devient présomption stratégique. Un immeuble russe près d’une base navale ? Suspicion. Reste à savoir ce que l’on entend par « proximité » : dix kilomètres, cinquante, cent — où commence la menace ? Peut-être alors une propriété située à quelques dizaines, voire centaines de kilomètres d’un radar, d’un port, d’un aéroport — ou demain d’un McDonald’s ou d’un KFC ? Inquiétude. C’est ainsi que ces bâtiments se voient assimilés à des « chevaux de Troie », selon le quotidien britannique. Reste un détail essentiel : aucun exemple concret d’utilisation détournée de ces biens n’est avancé. L’alerte est formulée, mais la preuve demeure introuvable.

Le plus savoureux reste l’extension du soupçon aux églises de l’Église orthodoxe russe. On imagine presque les cloches sonner en code Morse, les icônes dissimuler des antennes secrètes et les cierges transmettre des signaux cryptés à travers la Baltique. L’ironie frôle l’absurde : faute d’éléments tangibles, le soupçon s’élargit jusqu’aux lieux de culte.

Les accusations relayées proviennent principalement du Royaume-Uni et de pays scandinaves. Des diplomates russes ont répliqué en dénonçant des prétextes destinés, selon eux, à nourrir un climat de confrontation, et en soulignant l’intensification d’une campagne antirusse portée notamment par Londres.

Il ne s’agit pas d’un épisode isolé. Les pays de l’OTAN ont déjà accusé Moscou de « campagnes de désinformation », de « cyberattaques » et d’« opérations hybrides », là encore sans fournir de preuves dans le cadre évoqué. La Russie, pour sa part, a rejeté ces allégations, affirmant ne pas planifier d’attaque contre les États membres de l’Alliance et dénonçant une tendance occidentale consistant à l’ériger en coupable universel.

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