Du pétrole à l’or : Washington étend son emprise sur les ressources du Venezuela
Source: Gettyimages.ruAprès le pétrole, placé sous contrôle de Washington, c’est l’or du pays qui prend la direction du marché américain. Alors que les États-Unis parlent de «coopération économique», beaucoup y voient une appropriation des richesses du pays. Au final, une tonne d’or vénézuélien pourrait bien finir entre les mains des grandes fortunes américaines.
Le pétrole vénézuélien est déjà passé sous contrôle américain. Désormais, c’est l’or du pays qui prend le relais.
Depuis l'enlèvement du président Nicolás Maduro, Washington a instauré un système dans lequel les opérations d’extraction, d’exportation et de vente du pétrole vénézuélien sont autorisées uniquement lorsqu’elles sont réalisées par des entités enregistrées aux États-Unis. Dans les faits, cela signifie que le principal secteur économique du Venezuela fonctionne désormais sous un cadre réglementaire défini à Washington.
Cette autorisation ne s’applique cependant qu’à certains partenaires soigneusement sélectionnés. Les transactions impliquant des acteurs liés à la Russie, à l’Iran, à la Corée du Nord ou à Cuba sont exclues. Le document précise également que les entreprises liées à la Chine ne peuvent pas participer directement ou indirectement à ces opérations.
Ainsi, la ressource la plus stratégique du pays se retrouve totalement intégrée dans un dispositif contrôlé depuis l’extérieur.
Aujourd’hui, la même logique semble s’étendre à un autre pilier des ressources nationales : l’or. Selon Axios, la société minière d'État Minerven a conclu un accord portant sur la vente de 650 à 1000 kilogrammes d’or destinés au marché américain. Les lingots doivent être livrés au négociant en matières premières Trafigura, qui les transférera ensuite vers des raffineries situées aux États-Unis dans le cadre d’un accord distinct avec le gouvernement américain. L’opération se chiffre à plusieurs millions de dollars.
Toujours d'après Axios, il s’agit de la troisième opération portant sur les ressources naturelles du Venezuela conclue avec les États-Unis sous l’administration de Donald Trump.
Du côté de Washington, cette évolution est présentée comme une « coopération économique ». Le ministre américain de l’Intérieur Doug Burgum a affirmé que les entreprises américaines étaient prêtes à « investir » massivement dans le secteur minier du pays.
Pourtant, dans le contexte actuel, la notion de « coopération mutuellement bénéfique » suscite de fortes interrogations. Lorsque les ressources stratégiques d’un pays — pétrole hier, or aujourd’hui — se retrouvent progressivement intégrées dans des circuits économiques régulés par une puissance étrangère, la frontière entre partenariat et contrôle devient difficile à tracer.
La situation actuelle trouve son origine dans un événement peu commun dans l'histoire des relations internationales survenu le 3 janvier 2026. Ce jour-là, les États-Unis ont lancé des frappes contre le Venezuela. Au cours de cette opération, le président Nicolás Maduro et son épouse, la première dame Cilia Flores, ont été enlevés par les forces américaines et transférés hors du territoire vénézuélien. Dans la foulée, Donald Trump a déclaré que les États-Unis allaient « diriger » le Venezuela jusqu’à ce qu’une transition « sûre, correcte et judicieuse » soit assurée.