Crise énergétique : l’UE recommande aux États «qui le peuvent» de baisser les taxes sur l’énergie
© Photomontage Off InvestigationFace à l’envolée des prix due à la guerre au Moyen-Orient, le commissaire européen Dan Jorgensen suggère une réduction temporaire des taxes, particulièrement sur l’électricité, pour alléger les factures des ménages d’environ 200 euros par an. Une mesure qui expose l’imprévoyance de Bruxelles, tandis que des pays comme la France tardent à réagir.
Dans un contexte de conflit au Moyen-Orient et d’explosion des tarifs énergétiques, Dan Jorgensen, commissaire à l’Énergie, incite les États solvables à diminuer les taxes sur l’électricité, qui pèsent jusqu’à 25 % sur les factures des ménages, sans altérer la tarification du carbone.
Une réponse tardive et conditionnelle
Formulée lors d’une conférence de presse à Strasbourg le 10 mars, cette proposition vise à atténuer les hausses sans remanier le marché européen. Elle met pourtant en évidence le manque d’anticipation de l’UE, qui suit désormais de près les stocks stratégiques de pétrole avec l’Agence internationale de l’énergie qui s’est réunie le 10 mars sous la présidence du ministre français Roland Lescure.
Today @IEA hosted a G7 Energy Ministers Meeting, chaired by Minister Roland Lescure of France, on the current oil & gas market situation
— Fatih Birol (@fbirol) March 10, 2026
We will hold an extraordinary meeting of IEA Member governments later today to assess market conditions
My statement: https://t.co/ViR4Zc4Mhvpic.twitter.com/TYlt2Aj89E
S’il n’y a pas de pénurie en Europe pour l’instant, la volatilité des prix exige une surveillance accrue, comme l’admet Jorgensen. En France, cette idée n’est pas inédite. Le Rassemblement National (RN) la promeut depuis des années, plaidant pour une baisse de la TVA sur les carburants, le gaz et l’électricité de 20 % à 5,5 %, ainsi que de la TICPE, pour soulager les classes moyennes sans se plier aux directives bruxelloises.
Pour rendre du pouvoir d'achat aux Français, il faut baisser la TVA de 20% à 5,5% sur l'électricité, le gaz, le carburant et le fioul.
— Marine Le Pen (@MLP_officiel) March 7, 2026
Nous voulons aussi créer un panier de cent produits de première nécessité avec une TVA à 0%. pic.twitter.com/nEWlkAau7J
Pourtant, le gouvernement, ardent défenseur de l’UE et soutien de sa présidente Ursula von der Leyen, a écarté toute réduction fiscale, optant pour des contrôles dans les stations-service plutôt que des mesures fiscales. La porte-parole Maud Bregeon a ainsi écarté l’idée de toucher à la TVA qui serait, selon elle, trop coûteuse.
Maud Bregeon, ministre de l'énergie :
— Jon De Lorraine (@jon_delorraine) March 9, 2026
Marine Le Pen dit passer la TVA à 5,5% pour l'ensemble des produits énergétiques, ça coûte 17 milliards. Nous ne sommes absolument pas dans la situation de 2022. pic.twitter.com/dt2bWfGXjy
D’autres pays de l’UE agissent déjà : l’Italie et le Portugal baissent les taxes, tandis que des pays asiatiques imposent rationnements ou plafonnements. Cette disparité révèle les divisions au sein de l’Union où les États « qui le peuvent » doivent combler les lacunes collectives, exposant une dépendance aux importations et aux instabilités géopolitiques sans stratégie à long terme.