Pourparlers Iran-États-Unis : les Américains à Islamabad, les Iraniens refusent tout dialogue pendant les attaques contre le Liban, derniers développements
Source: Gettyimages.ruLe Pakistan se prépare à accueillir les pourparlers de paix entre l'Iran et les États-Unis, qui pourraient débuter prochainement, voire ne jamais avoir lieu. Selon les médias iraniens, un avion américain avec les négociateurs est déjà arrivé à Islamabad, tandis que Téhéran n'envoie pas de délégation, exigeant l'arrêt des frappes sur le Liban.
L'Iran rouvrira le détroit d'Ormuz une fois la guerre terminée, selon l'émissaire du Guide suprême iranien
Téhéran entend rouvrir le détroit d'Ormuz dès la fin de la guerre avec les États-Unis, a déclaré à TASS Abdul Majid Hakeem Ilahi, représentant du Guide suprême de la République islamique en Inde. Toutefois, selon lui, la guerre n'étant pas encore terminée, l'Iran continue de contrôler le détroit.
Le représentant du Guide suprême iranien a également souligné que Téhéran ne souhaitait pas provoquer de conflit ni de crise à propos du détroit d'Ormuz. Il a affirmé que l'Iran voulait entretenir de bonnes relations et des liens d'amitié avec tous les pays.
L’Iran exige des réparations aux États-Unis et brandit la saisie d’actifs américains
Téhéran entend obtenir des réparations pour les dommages causés par les attaques américaines et israéliennes, et prévient qu’en cas de refus, elle pourrait procéder à la saisie d’actifs américains, a déclaré à TASS Abdul Majid Hakeem Ilahi, représentant du Guide suprême de la République islamique en Inde.
Il a rappelé que l'un des dix points du plan de cessez-le-feu iranien, accepté par Washington, prévoit explicitement le principe de compensations, assurant que Téhéran « obligera » les États-Unis à payer.
Par ailleurs, le responsable iranien a qualifié de « simples rumeurs » les informations évoquant l’instauration d’une taxe sur les navires transitant par le détroit d’Ormuz, précisant qu’aucune décision officielle n’a été prise en ce sens.
Le ministre pakistanais de la Défense supprime un message condamnant Israël avant d'éventuelles négociations irano-américaines
Le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Asif, a supprimé son message sur X dans lequel il condamnait fermement Israël pour ses attaques contre le Liban, alors que des négociations entre les États-Unis et l'Iran doivent se tenir prochainement à Islamabad. Selon le journal Hindustan Times, le message a été supprimé après la vive indignation d'Israël, qui a exprimé ses doutes quant au rôle de médiateur du Pakistan dans le règlement du conflit au Moyen-Orient.
Dans sa publication, Khawaja Asif a souhaité à Israël de « brûler en enfer », l'accusant de génocide au Liban et du meurtre de civils, d'abord à Gaza, puis en Iran, et maintenant au Liban. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a qualifié ces propos d’antisémites, tandis que le cabinet du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a jugé scandaleux cet appel à l’anéantissement d’Israël.
L'Union européenne a augmenté ses importations de gaz russe à cause de la crise au Moyen-Orient, affirme le Financial Times
Dans le contexte de la crise énergétique au Moyen-Orient, l'Union européenne a augmenté ses importations de gaz naturel liquéfié russe, rapporte le Financial Times, citant des données de Kpler. Au premier trimestre 2026, les livraisons en provenance de Iamal LNG, l'un des plus grands projets privés russes de production de gaz naturel liquéfié, vers les pays de l'UE ont atteint 5 millions de tonnes, soit une augmentation de 17 % par rapport à la même période en 2025. Sur ce total, 1,8 million de tonnes ont été livrées en mars.
Selon les estimations de l'organisation environnementale Urgewald, dont les données sont citées par le Financial Times, les pays de l'UE ont dépensé environ 2,88 milliards d'euros pour le gaz russe provenant de ce projet privé. Les auteurs soulignent que Iamal LNG assure la majeure partie des importations de gaz naturel liquéfié russe vers les pays de l'Union. De janvier à mars, les pays européens ont reçu 69 des 71 livraisons de l'entreprise, soit 97 %, alors que pour la même période l'année dernière, la part des livraisons vers l'UE s'élevait à 87 %.
La Maison Blanche interdit à ses employés de parier sur la guerre en Iran, selon le Wall Street Journal
Au lendemain de l’annonce par Donald Trump de la suspension des frappes contre les installations énergétiques iraniennes, la Maison Blanche a adressé une note interne à ses employés, leur interdisant toute utilisation de leur position pour spéculer sur les marchés à terme, rapporte le Wall Street Journal en citant des sources. La lettre, envoyée le 24 mars à l’ensemble du personnel, a été confirmée par le porte-parole de la Maison Blanche, Davis Ingle.
Selon le quotidien américain, plus de 760 millions de dollars de transactions sur les marchés pétroliers ont été conclus en l’espace de deux minutes, quinze minutes avant l’annonce par Trump de la suspension des frappes. Parallèlement, trois comptes sur la plateforme de paris Polymarket ont engrangé plus de 600 000 dollars en misant sur un scénario de cessez-le-feu.
Trump lance un nouvel ultimatum, exigeant que l'Iran cesse de faire payer le passage par le détroit d'Ormuz
Le président américain Donald Trump a laissé entendre que l'Iran n'avait pas complètement rouvert le détroit d'Ormuz. « L’Iran permet de manière très insuffisante le transit du pétrole par le détroit d’Ormuz, certains diraient même de manière indigne. Ce n’est pas conforme à notre accord ! », a-t-il écrit sur son réseau social Truth Social.
Il a également affirmé que la partie iranienne imposait des frais aux pétroliers qui traversaient le détroit. À cet égard, le locataire de la Maison Blanche a lancé un nouvel ultimatum, exigeant que ces actions cessent « immédiatement ».
Téhéran conditionne les négociations avec Washington à l’arrêt des frappes au Liban
À Islamabad, tout semble prêt. Sécurité renforcée, rues nettoyées, dispositifs mobilisés : la capitale pakistanaise se prépare à accueillir, le 10 avril, des négociations de paix entre l’Iran et les États-Unis. Un avion de l’armée de l’air américaine a déjà atterri sur une base militaire du pays, selon les médias iraniens.
Préparatifs en vue des négociations de paix entre l'Iran et les États-Unis à Islamabad. [Crédit : Izvestia]L’incertitude demeure, néanmoins : la tenue des discussions n’est pas encore acquise.
Car Téhéran a posé une condition préalable : aucun échange ne sera engagé avec Washington tant que les attaques contre le Liban ne cesseront pas. L’agence Tasnim affirme que la délégation iranienne n’a, à ce stade, même pas quitté le territoire.
Si les négociations venaient toutefois à se tenir, la République islamique serait représentée par son chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, et par le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf. Côté américain, selon Fox News, la délégation inclurait le vice-président JD Vance, Jared Kushner, proche conseiller et gendre de Donald Trump, ainsi que l’envoyé spécial Steve Witkoff.