Macron et Starmer veulent sécuriser la navigation dans le détroit d'Ormuz mais sans Trump
© Vahid Salemi Source: APLa France et le Royaume-Uni ont choisi de se démarquer de la stratégie de Trump dans le Golfe. Refusant de participer au blocus annoncé par Washington, Paris et Londres travaillent à une mission maritime multinationale, strictement défensive et indépendante de l’OTAN, pour sécuriser le détroit d’Ormuz sans s’aligner sur les belligérants.
Face à l’escalade des tensions dans le Golfe, la France et le Royaume-Uni ont tracé leur propre ligne diplomatique et militaire. Les deux capitales ont annoncé l’organisation, dans les prochains jours, d’une conférence internationale destinée à préparer une mission multinationale visant à restaurer la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite près de 20 % du pétrole mondial.
L’initiative se veut clairement distincte de la décision du président américain Donald Trump de mettre en place un blocus des ports iraniens. Londres et Paris ont fait savoir qu’ils ne prendraient pas part à cette opération, refusant d’être entraînés dans une confrontation directe avec Téhéran ou de s’inscrire dans la logique de guerre portée par Washington.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a été explicite : son gouvernement n’a pas l’intention d’être « entraîné dans la guerre », malgré les pressions exercées par les États-Unis. De son côté, Emmanuel Macron a insisté sur le caractère « strictement défensif » de la future mission, qui sera déployée seulement lorsque les conditions sécuritaires le permettront.
Une mission hors OTAN et hors alignement avec Washington
Le choix franco-britannique marque une double rupture. D’une part, il s’agit d’une initiative construite en dehors du cadre de l’OTAN, alors même que plusieurs alliés de l’Alliance ont refusé de s’associer au blocus américain. D’autre part, Paris et Londres cherchent à affirmer une réponse autonome, centrée sur la sécurité maritime et non sur le soutien à la stratégie de Donald Trump.
Cette approche vise à préserver la liberté de navigation sans apparaître comme partie prenante au conflit opposant Washington et Téhéran. Selon les premiers éléments, la mission pourrait inclure l’escorte de tankers et la coordination de bâtiments militaires de plusieurs pays européens, du Golfe et d’Asie, dans un cadre multinational indépendant.
Au-delà de la dimension géopolitique, la fermeture du détroit d’Ormuz a un impact immédiat sur les marchés mondiaux. Toute perturbation du trafic maritime dans cette zone fait grimper les prix du pétrole, avec des répercussions directes sur le coût de l’énergie, du transport et, à terme, sur le pouvoir d’achat des ménages.